par Alexandre de Galzain
Le soleil tape fort sur Bruxelles ce mercredi 15 juillet. Sur la place du Luxembourg qui fait face au Parlement européen, un homme brun, lunettes de soleil vissées sur le visage, détonne par son accoutrement. De fait, il n’est pas commun de voir au pied du temple du progressisme libéral un T-shirt floqué « REMIGRATION ». Je m’en vais le saluer : il s’agit de Martin Sellner.
Ce militant de 37 ans est un activiste autrichien, devenu célèbre pour porter depuis une quinzaine d’années le combat identitaire dans toute la zone germanophone. Mais depuis quelques mois, le voilà qui passe à la vitesse supérieure : désormais, c’est tout le Vieux Continent qu’il veut convertir à la remigration.
Le Save Europe Act
Si Martin Sellner est présent à Bruxelles aujourd’hui, c’est parce qu’il vient d’atteindre un nouveau sommet. Sa nouvelle initiative, lancée avec l’influenceuse identitaire néerlandaise Eva Vlaardingerbroek, vient de franchir un cap symbolique : il s’agit du Save Europe Act.
Qu’est-ce que ce Save Europe Act ? Rien de moins que la première « European Citizens’ Initiative » (ECI) « patriotique » lancée en Europe. Cette procédure, légale dans l’Union européenne, permet à toute initiative citoyenne qui obtiendrait un million de signatures valides selon un processus d’authentification précis de contraindre la Commission européenne à proposer un débat public ou un texte sur le sujet donné. Cette fois, le sujet, ce n’est rien moins que la remigration, l’idée étant de « retourner les armes de l’UE contre elle ».
Le Save Europe Act est d’ailleurs né au Remigration Summit de Porto, le 30 mai dernier. L’initiative est ainsi présentée par Eva Vlaardingerbroek et Martin Sellner, et très vite soutenue par de nombreuses personnalités publiques de premier plan en Europe. L’ex-Premier ministre hongrois Viktor Orbán, l’ex-candidat à la présidentielle roumain George Simion, le chef du parti espagnol Vox Santiago Abascal, celui du parti anglais Restore Britain Rupert Lowe, le président de Reconquête Éric Zemmour, le président de l’Institut Iliade Jean-Yves Le Gallou : tous ont apporté un soutien officiel et leur signature au Save Europe Act. Aujourd’hui, la pétition a dépassé les 540 000 signatures en moins de deux mois : un succès impressionnant.
Ce qu’est la remigration
Mais qu’est-ce que la remigration ? Le débat fait encore rage, même au sein des identitaires. Mais pour Eva Vlaardingerbroek, il s’agit du retour à leur pays d’origine des migrants « illégaux et légaux » du sol européen.
Le premier article du Save Europe Act se compose d’ailleurs ainsi : « Nous, Peuples d’Europe, […] Reconnaissant que les peuples autochtones d’Europe, comprenant les communautés ethniques, culturelles et linguistiques des États membres, possèdent un droit inaliénable de préserver leur identité collective, leur patrimoine et leur mode de vie, enracinés dans les principes de la souveraineté nationale et de l’autodétermination. » En un mot : l’Europe aux Européens.
À Bruxelles, le député européen du PiS polonais, Dominik Tarczinsky, abonde : « Je suis pour la remigration parce que je veux voir ma fille en vie, pas violée ni assassinée. Les pro-immigration ne sont pas lâches : ils sont cupides parce qu’ils veulent de la main-d’œuvre pas chère ! » Et effectivement, sur la place du Luxembourg, on a un peu de peine à entendre un mot positif sur l’immigration. La députée LFI Emma Fourreau, visiblement de retour des plages albanaises, est venue voir, faisant assez ridiculement de ses doigts le signe antifasciste, mais discrètement quand même. « Je suis venue écouter ces gens qui tiennent des propos racistes pour voir », nous répond-elle. Ses réponses sont assez peu convaincantes, mais enfin, on a l’habitude.
En tout, c’est une centaine de nationalistes de toute l’Europe qui se sont réunis ce mercredi à Bruxelles sur la place du Luxembourg. Après les discours et le déploiement d’une gigantesque banderole, les principaux activistes s’en vont transporter une brouette de signatures pour la présenter aux députés… mais l’accès du Parlement européen leur est barré par la sécurité. « Vous voyez, ils mettent des frontières pour se protéger eux, mais pas pour nous protéger nous ! » lâche Eva. Effectivement, la citadelle pro-immigration est loin d’être abattue, mais année après année, ses murs s’effritent. La remigration est pour bientôt.


