Ah, l’Albanie. « Entre lagunes turquoise bordées de flamants roses, villages perchés aux airs de conte méditerranéen et montagnes sauvages plongeant dans une mer cristalline, elle offre un voyage authentique où histoire millénaire, plages paradisiaques et hospitalité chaleureuse se rencontrent. » Quel meilleur endroit, en effet, pour un déplacement parlementaire au nom du Parlement européen ? Si Emma Fourreau ne s’est jamais distinguée par l’immensité de sa puissance intellectuelle, elle n’en a pas moins le nez creux quand il s’agit de choisir quelles causes défendre.
Voilà près de deux mois qu’a lieu en Albanie une révolte, la « Flamingo Revolution ». Soulèvement légitime d’un peuple menacé par les titanesques projets immobiliers de l’empire américain de Donald Trump, cette révolte des Flamants Roses a commencé le 23 mai dernier quand a éclaté un scandale de corruption entre Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et le Premier ministre du pays Edi Rama sur fond de destruction de réserve protégée.
Mais pourquoi y aller fin mai ou début juin en France quand on peut s’y rendre dès début juillet, au bord d’une plage protégée, avec quelques amis – pardon, des collaborateurs parlementaires. Résultat de ces plusieurs journées en Albanie pour « dénoncer » un scandale que tout le monde a déjà dénoncé ? Deux vidéos sur Twitter, et c’est tout. La solidarité internationale n’a jamais été aussi instagrammable.
Peu de temps auparavant, la même députée s’était rendue à Cuba dans le cadre d’un convoi de solidarité contre le blocus américain. Pour quoi faire ? Dans quel but ? On a de la peine à trouver, mais nul doute que la jeune eurodéputée y a trouvé son compte, entre discours communiste de la dictature et plages paradisiaques.
Sauver la planète
Si ces personnes sont assez promptes à nous interdire la clim, elles sont visiblement bien moins dérangées par l’idée de voyager en avion : on ne se rend pas à La Havane en canoë. Mais il serait faux d’incriminer Emma Fourreau seule, car l’inénarrable Mathilde Panot n’est elle non plus pas en reste ! Partie en Nouvelle-Calédonie pour une réunion publique d’une vingtaine de personnes, elle y a déroulé un discours pro-séparatisme kanak, discours qui coïncide d’ailleurs étrangement avec le tropisme pro-Chine de LFI.
Mais comment se rend-on en Nouvelle-Calédonie ? En canoë ? Mais non voyons, en business class, ainsi que l’a fait Mathilde Panot, le tout payé par on ne sait trop qui pour faire perdre à la France ses possessions dans le Pacifique. Une photo de la députée en train de dormir est devenue virale sur les réseaux sociaux a ainsi largement été diffusée. Certains esprits malicieux ont d’ailleurs ajouté en légende : « La moche au bois dormant ». Nous condamnons fermement, cela va sans dire.
Mais ces deux députées de gauche ont sans doute trouvé leur inspiration ailleurs, chez une certaine Marine Tondelier. La cheffe de file des Écologistes, avait en effet ouvert la voie quelques années plus tôt. En Guyane en 2024, elle s’était filmée devant un arbre symbole des luttes environnementales, annonçant avec sérieux qu’elle y retournerait chaque année pour en observer la croissance. Pour une élue qui prône la décroissance des voyages aériens, le message était limpide : il est absolument nécessaire, à tout prix, de prendre un aller-retour en avion tous les ans dans une destination tropicale pour aller voir un arbre.
On en conclut que les chantres de la Nouvelle France ont une tendance lourde à oublier très facilement l’existence de technologies telles que le téléphone portable ou la visioconférence. Être écolo, oui, mais sans jamais oublier de se faire plaisir aux frais de la princesse.


