Bulletin de réinformation proposé par Louis Marie et Céline Losa, avec la contribution d’Aliénor Lagardère, Pierre de Montgiraud et Benjamin Wirtz.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
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GRANDS TITRES
Donald Trump parvient à réunir son camp autour d’une réforme fiscale ambitieuse
Le Sénat américain vient de voter la réforme fiscale défendue par le Président Trump. Ce dernier remporte une éclatante victoire politique, après l’échec de la réforme de la protection sociale mise en place par Barack Obama, le fameux Obamacare. Donald Trump est finalement parvenu à unir les différentes factions du Parti Républicain en jouant sur des thèmes plus traditionnels dans son parti, comme l’anti-fiscalisme. En incluant une disposition qui supprime l’obligation de s’affilier à une assurance de santé, la réforme pourrait d’ailleurs neutraliser de fait le projet de son prédécesseur à la Maison Blanche.
Quels sont les mesures phare de cette réforme fiscale ?
Donald Trump avait promis une simplification drastique de l’administration et un allègement massif des impôts. Sa réforme impliquerait près de 1 500 milliards de dollars d’allègement en 10 ans. Une baisse sans précédent dont Trump veut faire l’un des leviers de sa politique de croissance, alors que sa stratégie internationale désigne expressément la puissance chinoise comme un danger pour les emplois américains.
1% des plus riches du pays économiseraient à eux seuls 60 milliards d’impôts en 2019, et l’imposition des classes moyennes supérieures diminuerait de près de 140 milliards. L’impôt sur les sociétés baisserait quant à lui de 6 points, favorisant largement les multinationales américaines. Contre les partisans de l’Etat social, Donald Trump fait donc le pari d’une compensation fiscale par un regain d’activité, alors que la croissance américaine se situe encore à 1,6%.
Est-ce que cette réforme permettra de réconcilier une partie de l’Amérique avec son président ?
Au regard de la campagne présidentielle, l’électorat de Donald Trump est éloigné de la caricature d’une « Amérique périphérique » à faible revenu. Le candidat Trump avait su convaincre ou séduire, face à Hillary Clinton, une partie des Américains les plus fortunés. Il avait par contre échoué à rassembler les catégories sociales plus diplômées. Le républicain Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, juge ainsi que cette réforme permettra à Trump de retrouver sa popularité.
La réforme cherche à concentrer le capital aux Etats-Unis après plusieurs décennies d’expansion financière à travers le monde. Donald Trump ne se contente pas de baisser les impôts : il renonce au principe de la « taxation mondiale » pour considérer les « revenus locaux » des entreprises. La réforme relève donc d’une forme de protectionnisme, autant que d’une forme de politique de dumping fiscal.
Rencontre entre le Roi de Jordanie et le président français
Lundi 18 décembre le roi de Jordanie a été reçu pour un dîner de travail à l’Elysée. C’est le premier chef d’état arabe à être reçu par le président Macron, et tous deux ont partagé leur vision commune des défis du Moyen-Orient.
Quels ont été les enjeux de cette rencontre ?
Les sujets principaux évoqués lors de ce dîner ont été principalement la lutte contre le terrorisme et la radicalisation, mais aussi les conflits Syrien et Irakien, ainsi que le nouveau statut de Jérusalem. Emmanuel Macron a alors rappelé l’importance de la base militaire jordanienne d’où décolle une partie des avions français engagés dans la coalition internationale qui lutte contre l’Etat Islamique. Il a également fait part de sa volonté de développer un partenariat stratégique plus important entre la France et la Jordanie.
Cette visite fait écho à la rencontre entre le roi de Jordanie et le Pape François…
Le roi de Jordanie a également rencontré le pape François afin de discuter de la promotion de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient. Selon un communiqué publié par le Saint-Siège, la question de Jérusalem a été au coeur de la discussion. Le roi Abdallah II a affirmé la responsabilité historique de la Jordanie sur la partie Est de la ville ainsi que les Lieux Saints. Après son entretien en France, le roi de Jordanie rappelle que l’Europe toute entière a un rôle à jouer dans toute la région jordanienne.
Scandale : le ministère de l’Intérieur soupçonné de vouloir faire appliquer la loi
Ce sont des accusations médiatiques sans précédent qui pèsent sur la tête de Gérard Collomb. En effet, certains journalistes n’hésitent pas à affirmer que les deux circulaires émises par la place Beauveau le 12 décembre dernier vont jusqu’à vouloir faire respecter le droit relatif à la situation des clandestins présents illégalement sur le territoire !
Allons un peu au-delà du sarcasme : que contiennent exactement ces deux circulaires ?
Malgré l’émotion qu’elles ont pu susciter au sein d’une certaine presse, ces circulaires ne contiennent en réalité rien d’exceptionnel. Rien de nouveau, en tout cas, en matière de droit. Le ministre de l’Intérieur a d’abord demandé à l’Office Français de l’Immigration et aux préfectures de contrôler plus étroitement la situation des personnes disposant d’un hébergement d’urgence. En clair, les associations qui proposent un hébergement aux clandestins qui ont été déboutés du droit d’asile devront rendre des comptes plus précis de leur action. Et les reconduites aux frontières devront être plus systématiques. La second circulaire fixe un objectif national de mobilisation de 20 000 logements destinés aux bénéficiaires d’une protection internationale, et ce d’ici à la fin 2018. Il s’agit donc d’un plan de logement qui vise à répartir 20 000 immigrés supplémentaires sur le territoire national.
Pourquoi ces circulaires ont-elles fait autant parler d’elles ?
A vrai dire, c’est difficile à dire puisqu’elles semblent aller dans le sens de la politique du président depuis son arrivée à l’Elysée. Emmanuel Macron avait en effet déclaré en juillet vouloir conduire « une vraie politique de reconduite aux frontières », souhaitant que la France reconduise « de manière intraitable celles et ceux qui n’ont pas de titre ». Cette politique avait déjà ému les lobbies immigrationnistes, relayés par une partie de la presse. Pourtant, il ne s’agissait déjà ni plus ni moins que de vouloir appliquer la loi. Ces circulaires constituent enfin une preuve de la volonté gouvernementale sur ce sujet. Et encore, elles ne règlent pas toutes les questions, notamment en matière de droit européen, puisque le sort des clandestins qui ont effectué des demandes d’asile dans d’autres pays de l’Union n’est pas encore scellé. Et de toute manière, l’histoire politique récente a montré qu’en matière d’immigration, le bilan doit s’établir sur les faits et jamais sur les discours ni même sur les textes.
BRÈVES DE FRANCE
Emmanuel Macron se fait l’ambassadeur de Chambord
La visite des Macron au Château de Chambord durant les 15 et 16 décembre fut une formidable publicité pour le lieu. Certes, des esprits chagrins ont déploré que le Président aille fêter son anniversaire dans un endroit qui le « couperait » du peuple. Mais il n’en a pas fallu d’avantage pour que ce même peuple se rue sur le site du château, et aille consulter les deux gites qu’il propose. Ces hébergements sont donc littéralement pris d’assaut, tant sont nombreux les Français désireux de vivre, le temps de quelques jours, là où vécut la famille présidentielle.
Le musée du Louvre va exposer des « tableaux orphelins »
Le Ministère de la Culture et le Musée du Louvre ont conjointement ouvert deux nouvelles salles afin de présenter 31 tableaux “orphelins”. Ces tableaux sont la propriété de familles françaises ayant été spoliées par les nazis durant la Seconde guerre mondiale. On estime aujourd’hui qu’environ 100 000 œuvres auraient connu ce sort. Et à ce jour, seuls 110 tableaux ont été restitués à leurs propriétaires. La base documentaire Rose-Valland retrace toutes les œuvres dérobées, afin d’aider les descendants des propriétaires à les récupérer. En attend, le Louvre entrepose 296 de ces tableaux orphelins, dont certains vont donc pouvoir être exposés au grand public.
L’économie fait notre diplomatie
Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire était en visite en Fédération de Russie le 18 et 19 décembre à l’occasion de la vingt-troisième édition du Conseil Economique, Financier, Industriel et Commercial franco-russe. Il a déclaré vouloir « donner une nouvelle impulsion aux relations franco-russes ». C’est un revirement total par rapport à la déclaration de non-bienvenue de monsieur le Maire au président Poutine le 6 juin 2014. Cela permet de dépasser les tensions de l’épisode de l’entrée de la Crimée dans la Fédération de Russie et des bateaux Mistral. Et c’est d’autant plus un désaveu des intentions américaines d’instaurer de nouvelles sanctions économiques contre la Russie en 2018. En effet, les sanctions économiques commençaient à peser lourdement pour les pays européens, mais pas pour les Etats-Unis. Bruno Le Maire estime donc que l’Europe devra faire front commun face à Washington, si des sanctions extraterritoriales étaient prises contre la Russie.
Le chiffre du jour est 267 000…
C’est le nombre d’agressions sexuelles qui ont lieu dans les transports en commun cette année. C’est ce que révèle le rapport de l’Observatoire National publié le mercredi 20 décembre. Selon l’étude il s’agit d’une estimation basse puisqu’un grand nombre de victimes d’attouchements ou exhibitions ne portent jamais plainte. Sans surprise, les jeunes femmes vivant en région parisienne sont les premières victimes de ces exactions. En effet, 9 femmes sur 10 disent avoir été agressées ou harcelées dans les transports en commun, mais seules 2% d’entre-elles ont portées plainte. Suite à la pétition lancée en septembre dernier, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a assuré qu’une campagne de prévention contre les atteintes sexuelles dans les bus et les métros débuterait fin mars 2018.
NOUVELLES DU MONDE
Le retrait du droit de vote de la Pologne dans l’Union Européenne
L’Union Européenne a annoncé mercredi qu’elle avait déclenché une procédure inédite contre la Pologne, qui pourrait aller jusqu’à priver le pays de ses droits de vote au sein de l’Union Européenne. Cette procédure fait suite à la réforme controversée qui a été approuvée par le Sénat polonais en fin de semaine dernière. Cette réforme vise en particulier à instaurer un contrôle politique plus étroit sur l’institution judiciaire. La Commission Européenne a hier conclu à la présence « d’un risque de violation grave de l’Etat de droit ». Cependant d’éventuelles sanctions comme le retrait du droit de vote ne pourront intervenir que si Varsovie n’effectue pas de changements dans un délais de trois mois. Puis elle nécessite un vote à l’unanimité des pays européen. Or la Hongrie de Viktor Orban, contre laquelle une procédure similaire n’est d’ailleurs pas exclue, a déjà annoncé qu’elle se rangera dans le camp de la Pologne. Le nouveau Premier ministre polonais a annoncé sa venue à Bruxelles le 9 janvier prochain afin d’améliorer l’image de la Pologne et de défendre ces réformes. C’est en tout cas la preuve qu’un rapport de force politique nouveau est en train d’émerger, au coeur même de la machine européenne.
ET LA BONNE NOUVELLE DU JOUR EST… UNE TRÈS BONNE NOUVELLE !
Une excellente nouvelle, même : nous sommes toujours en vie ! Enfin, si vous écoutez ce bulletin, il y a de fortes chances pour que vous le soyez. Vous êtes encore en vie, donc, et ce malgré la fin du monde pourtant promise à nouveau pour le 21 décembre, comme chaque année depuis le 21 décembre 2012. Pourquoi cet acharnement à vouloir faire s’éteindre l’humanité toute entière chaque 21 décembre ? Il s’agit en fait d’une interprétation pseudo-scientifique du calendrier maya. Certains courants de pensée ésotériques ont voulu faire coïncider la fin de ce calendrier avec le 21 décembre du nôtre. Si cette correspondance n’est peut-être pas entièrement fausse, elle reste néanmoins à prouver. Et surtout, la fin du calendrier maya correspond en réalité à la fin d’une ère, de la même façon que notre calendrier s’arrête chaque année au 31 décembre pour recommencer au 1er janvier. Heureusement pour nous, les spéculations sur une éventuelle fin du monde ressemblent donc à s’y méprendre à une manipulation à des fins commerciales…
Que feriez-vous si la fin du monde était réellement prévue pour aujourd’hui ?
Moi ? J’écouterais une dernière fois le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie, bien-entendu !
Merci de nous avoir écoutés. Nous vous donnons rendez-vous demain à 7h15 pour un nouveau bulletin de réinformation sur Radio Courtoisie. Advienne que pourra !

