Bulletin de réinformation proposé par Carl Hubert et Charles Sornac avec la contribution de Fabrice Pelo.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h.
GRANDS TITRES
► Le gouvernement tarde à réagir contre l’invasion de Mayotte
Cela fait aujourd’hui une semaine que les autorités de l’État à Mayotte ne peuvent plus reconduire chez eux les Comoriens en situation irrégulière. Le gouvernement de l’Union des Comores a en effet pris la décision de refuser de laisser débarquer les Comoriens faisant l’objet d’une décision d’éloignement. Le bateau qui fait presque quotidiennement la navette, et qui raccompagnait près de 100 Comoriens dans l’île d’Anjouan, avait ainsi dû faire demi-tour mercredi dernier.
Le ministre de l’outre-mer, Annick Girardin, avait promis une « action ferme et déterminée » du gouvernement à l’égard des Comores, mais on ne voit toujours rien venir !
La décision unilatérale de l’Union des Comores place Mayotte dans une situation catastrophique. Le centre de rétention est plein et plus aucune expulsion forcée ne peut être organisée depuis une semaine. Or, chaque année, ce sont environ 20 000 Comoriens qui sont reconduits à la frontière, sans que l’on ne soit bien sûr qu’il n’en rentre pas davantage sur le territoire chaque année… Si d’aventure les Comoriens en situation irrégulière ne sont plus éloignés, Mayotte sera submergée, sauf réactions de la population.
Face à l’impuissance croissante des autorités, les citoyens mahorais commencent à s’organiser eux-mêmes pour faire face à l’invasion.
De fait, des comités dits de décasage ont été constitué, notamment dans le Nord de l’île. Il s’agit pour les Mahorais de se regrouper pour inciter les clandestins à abandonner leurs cases illégales et à rentrer chez eux. S’ils ne partent pas, ils les conduisent à la gendarmerie. Mais si l’État ne peut plus les éloigner, on peut redouter que ces groupes mahorais fassent disparaître les intrus par d’autres moyens plus radicaux. En attendant, certains Comoriens ont accepté de repartir aux Comores de leur plein gré, par avion aux frais de l’État.
A Paris, l’exécutif peine à prendre les décisions qui s’imposent.
Selon Le Monde, le ministère de l’outre-mer et Matignon plaident pour un renforcement de la coopération avec l’État comorien, en contrepartie d’un engagement de sa part à lutter contre l’immigration clandestine. Le ministère des affaires étrangères, qui a l’oreille de l’Élysée, suggère quant à lui de créer une association entre Mayotte et les Comores dans le cadre d’un accord de coopération régionale.
S’il n’est guère contestable que la place de Mayotte devrait être dans les Comores et non en France, la faiblesse de l’exécutif dans cette crise diplomatique est effarante.
Il suffirait en effet de bloquer les visas et permis de séjour des Comoriens, ainsi que les transferts de fonds vers les Comores, pour débloquer pacifiquement la situation. L’ancien député Mansour Kamardine et Marine Le Pen ont chacun fait des propositions dans ce sens.
► Le programme du colloque de l’Iliade « Fiers d’être européens » est connu
Le samedi 7 avril se tiendra, à la Maison de la Chimie, le 5ème colloque de l’Institut Iliade, l’Institut pour la longue mémoire européenne. Il aura pour thème : « Fiers d’être européens ».
La journée commencera à 10h et aura pour premier thème : « En finir avec la culpabilisation des Européens ».
Pour cette partie matinale, Philippe Conrad et Thibault Mercier prendront la parole sur les attaques perpétrées contre l’histoire européenne et sur le droit des Européens à continuer leur histoire. Puis, le journaliste espagnol Javier Portella s’intéressera à la thématique : « Du nihilisme à l’ethno-masochisme ».
Ce sera aussi l’occasion d’une table ronde consacrée à la culture de la repentance à laquelle prendront place Martial Bild, Olivier Dard et Bernard Lugan.
L’après-midi, seront étudiées les pistes pour « redevenir ce que nous sommes ».
Hélène Gallois et Jean-François Gautier exposeront la richesse de l’identité européenne, par son histoire et ses œuvres.
Une seconde table ronde, composée de Rémi Soulié, Paul-Marie Coûteaux et Gérard Dussouy, se demandera : comment nous réapproprier notre identité ? Puis, Yann Vallerie de Breizh-Info et Ferenc Almassy du Visagrad Post donneront leurs observations du réveil des peuples irlandais et hongrois.
Enfin, le rédacteur en chef de la revue Éléments rappellera l’importance de gagner la guerre culturelle, avant la conclusion de cette journée prononcée par Jean-Yves Le Gallou.
Comment fait-on pour s’inscrire et participer à ce colloque qui aura lieu, rappelons-le, le samedi 7 avril prochain ?
Toutes les informations sont sur le site Internet de l’Institut Iliade : institut-iliade.com. L’inscription est à partir de 10€ et davantage pour les plus généreux. Cette journée sera aussi l’occasion de profiter de nombreux comptoirs, d’animations et séances de dédicaces.
► La justice mettra-t-elle en évidence les raisons de la guerre de Sarkozy contre la Libye ?
Alors que Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens », la question des motivations de l’intervention en Libye en 2011 se pose avec acuité.
En effet, la véritable polémique judiciaire et morale est de savoir si Sarkozy a déclenché cette guerre pour éliminer un témoin gênant qui aurait pu le faire chanter.
Nicolas Sarkozy propose une lecture inverse. Selon lui, c’est justement parce qu’il a souhaité attaquer la Libye que les dignitaires du régime auraient construit de toute pièce un dossier diffamatoire à son endroit, excluant ainsi l’idée d’une élimination préventive de Kadhafi pour que celui-ci emporte d’éventuels secrets dans la tombe.
En 2014 à Dakar, rappelle Bernard Lugan sur son blog, le président tchadien avait affirmé que son élimination était un objectif de l’OTAN.
Et l’africaniste de rappeler que le temps de l’intervention militaire correspondait pourtant à une période de rapprochement avec la Libye pour lutter contre le terrorisme et endiguer l’immigration. Le colonel Kadhafi avait aussi protégé les chrétiens, selon les déclarations de l’évêque de Tripoli. Pourtant, l’intervention franco-britannique a fini par aller bien au-delà du mandat initial de l’ONU, qui prévoyait seulement une zone d’exclusion aérienne pour éviter les bombardements.
Le plus étonnant est qu’aucune issue diplomatique ne lui ait été proposée…
En effet, la France s’est opposée à un retrait du pouvoir de Kadhafi au profit de son fils. Et son convoi a été immédiatement pris pour cible lors de sa fuite par des avions de l’Otan, entraînant la fin brutale qu’on lui connaît. Une intervention qui a eu des suites particulièrement néfastes pour la région et pour l’Europe.
BRÈVES DE FRANCE
Lutte contre le terrorisme : la DGSI avait invité l’islamiste Lakdim à prendre un rendez-vous
Fiché S depuis 2014, le djihadiste, responsable de la mort de 4 personnes, avait été destinataire d’une lettre de convocation, au mois de mars. Il était invité à convenir d’une date pour passer un entretien d’évaluation par le service du renseignement intérieur. On peut s’étonner de ce que ce service ne soit pas plus directif lorsqu’il veut s’entretenir avec un homme dangereux. On peut même se demander si cette gentille convocation n’a pas précipité le passage à l’acte de l’individu.
Rappelons que, bien que suivi par la DGSI depuis mars 2013, les services de police n’avaient pas identifié ou démontré de volonté, chez Radouane Lakdim, de perpétrer des actes violents. Il avait tout de même été prouvé son attrait pour l’islam radical et sa fréquentation d’un individu condamné pour apologie du terrorisme.
Olivier Faure, bientôt premier secrétaire du PS
Le second tour de l’élection du premier secrétaire du parti socialiste a lieu demain jeudi. Olivier Faure en est le seul candidat, Stéphane Le Foll, arrivé 2ème, ayant retiré sa candidature. De souche vietnamienne par sa mère, il a grandi à La Réunion et à Orléans avant de poursuivre des études d’économie et de science politique à Paris. Entré au PS à 16 ans, déjà proche de Benoît Hamon, il adhère à la personnalité de Michel Rocard et succède à Manuel Valls à la tête des jeunes Rocardiens. Après un bref passage professionnel dans le privé, il travaille en cabinet ministériel, notamment au service de Martine Aubry. Il fut aussi directeur adjoint de cabinet de François Hollande à la tête du PS, et devient député de Seine-et-Marne en 2012. Pour se définir, il aime d’ailleurs à dire qu’il est le « fils unique de Martine Aubry et François Hollande ». Tout un programme. Ajoutons qu’il est le mari de Soria Blatmann, proche d’Audrey Azoulay.
Le gouvernement veut rendre l’école maternelle obligatoire
C’est l’annonce d’Emmanuel Macron en ouverture des Assises de la maternelle. Aujourd’hui, la scolarisation est obligatoire à partir de l’âge de 6 ans. Le gouvernement souhaite imposer cette obligation pour les enfants de 3 ans. L’objectif est de lutter contre les inégalités sociales au plus tôt. Même si, dans les faits, 97% des enfants de cet âge sont déjà écoliers.
On perçoit une volonté d’arracher les jeunes enfants à leurs parents et leur prise en charge par l’État au plus tôt et le plus longtemps. En son temps, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation, voulait rendre la scolarisation obligatoire jusqu’à 18 ans. Rappelons cependant que les parents conservent la possibilité d’assurer eux-mêmes l’instruction de leurs enfants. Le Gouvernement devra donc préciser ce qu’il attend des parents qui choisiraient de faire l’école maternelle à la maison…
Le chiffre du jour, c’est 2,6%
C’est, rapporté au produit intérieur brut, le déficit public de la France en 2017. Ce déficit est ainsi passé sous la barre des 3%, de sorte qu’il n’est plus considéré comme excessif au regard du pacte de stabilité et de croissance européen. Cette amélioration sensible est en partie due aux économies en dépenses auxquelles a procédé le gouvernement Philippe. Mais elle est surtout due à l’augmentation des recettes fiscales. En effet, en 2017, les prélèvements obligatoires ont atteint un niveau presque record de 45.4% du produit intérieur brut. Cette dynamique est due à l’amélioration de la conjoncture mais aussi à la hausse de certains impôts, notamment avec la création d’une contribution exceptionnelle sur l’impôt sur les sociétés l’an dernier, ou encore l’augmentation de la fiscalité du gazole.
NOUVELLES DU MONDE
Génétique : la culture du campaniforme s’est diffusée par la culture et la migration
Ce point faisait débat depuis plus d’un siècle. La culture campaniforme, ainsi nommée d’après ses gobelets céramiques en forme de cloche, s’est développée en Europe à la toute fin du néolithique vers le milieu du IIIe millénaire avant notre ère. Une étude coordonnée par David Reich, publiée dans Nature le 21 février dernier, apporte une réponse circonstanciée. Cette étude s’appuie sur l’exploitation de l’ADN de 400 Européens de l’époque.
Elle révèle que, globalement, la culture campaniforme était partagée par des peuples d’origines diverses.
Par exemple, les Ibères ont développé ou acquis cette culture sans modification de la composition de leur population, qui se rattache essentiellement aux fermiers néolithiques. En revanche, à certains endroits, la culture campaniforme a été importée par des populations nouvelles. C’est surtout le cas en Grande-Bretagne, où la diffusion du campaniforme s’est accompagné d’un grand remplacement de la population locale. En effet, en quelques siècles, les populations d’origine steppique, qui ont probablement introduit les langues indo-européennes, sont parvenues à représenter 90% du patrimoine génétique de la population britannique. Ils avaient auparavant déjà envahi une bonne partie de l’Europe centrale et septentrionale.
La bonne nouvelle du jour est artistique
Le prix mondial d’architecture classique a été attribué ce samedi à un couple d’architectes français, Marc et Nada BREITMAN. C’est la première fois que ce prix, créé en 2003 par le milliardaire américain Richard DRIEHAUS pour récompenser une création architecturale d’inspiration classique, distingue des Français. C’est à Chicago que le cabinet parisien s’est vu remettre ce que d’aucuns qualifient de « Nobel » de l’architecture classique. Il s’agissait pour la Fondation DRIEHAUS de récompenser les importantes réalisations de requalification urbaine du Plessis Robinson, où le parti « d’architecture douce » a connu sa plus ample expression. Il est à noter que le second prix a été décerné à Torsten Kulke pour sa brillante reconstruction du quartier du Neumarkt à Dresde.
Merci de nous avoir écoutés. Nous vous donnons rendez-vous demain à 7h15 pour un nouveau bulletin de réinformation sur Radio Courtoisie. Que la Lune pascale brille dans vos cœurs !

