Bulletin de réinformation proposé par Alix Lachouette et Julien d’Estrago, avec la participation de Christian Bieber, Yvain Lelyonnais et Aliénor Lagadère.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
GRANDS TITRES
► Les cheminots ont débuté mardi une grève qu’ils annoncent mener pendant 3 mois.
La CGT, l’UNSA et la CFDT ont annoncé un plan de grève s’inscrivant dans la durée avec une alternance de 3 jours travaillés et de 2 jours de grèves. Malgré un taux de grévistes en baisse de mardi à mercredi, le réseau reste perturbé. Selon l’expression des grévistes, il s’agit d’une « course de fond contre le gouvernement », non d’un « sprint ».
Quelles sont les principales mesures dénoncées par les grévistes ?
1ère mesure : Le changement de statut de la SNCF de EPIC (ou Établissement Public à caractère Industriel et Commercial) en SA. Cela équivaut à la privatisation de l’entreprise et donc à son exposition à la concurrence.
2eme mesure : la disparition du statut de cheminot. Le gouvernement a d’abord voulu faire passer le texte par ordonnance puis a finalement opté pour un débat parlementaire.
Quels sont les arguments des deux camps ?
D’un côté le gouvernement argue qu’une libéralisation du secteur permettrait une amélioration considérable du service. Il dénonce à tout va le statut ultra-privilégié des cheminots.Un argument supplémentaire du gouvernement en faveur de cette privatisation est la colossale dette de la SNCF. Toutefois, le rapport Spinetta remis en février n’évoque pas solution pour la réduire.De l’autre côté, les opposants à cette privatisation dénoncent une manœuvre pernicieuse du gouvernement qui poserait en leurre la dénonciation du statut des cheminots.Selon eux la privatisation de la SNCF s’inscrit dans le cadre du traité de démantèlement des services publics signé avec Bruxelles dans les années 90.L’argument du gouvernement est qu’une fois privatisée, la SNCF offrira une qualité de service améliorée, alors que des exemples étrangers montrent le contraire. Sans parler des privatisations déjà effectuées en France : comme France télécom, EDF, les autoroutes ou encore la poste dont les prix n’ont pas baissé.
► Les établissements français de plus en plus paralysés par des opposants à la réforme de l’accès à l’université.
Ce mercredi au delà de deux universités intégralement bloquées à Toulouse et à Montpellier, on dénombre par ailleurs sur près d’une vingtaine de campus d’autres occupations illégales partielles plus ou moins importantes. Ainsi dans toute la France, de Lille à Nice en passant par Lyon et Rouen des incidents parfois majeurs ont été à déplorer. Certaines perturbations ont été contenues, comme à Dijon et Strasbourg notamment où l’ordre a été rétabli par des policiers, vigiles et même simples étudiants. À l’inverse, d’autres universités ont vu leurs bâtiments dégradés, voir même leur personnel agressé, comme à Grenoble et à Nantes.
Quelles sont les raisons de ces protestations ?
En novembre à l’appel d’une partie des syndicats étudiants un mouvement s’opposant à la réforme de l’accès à l’université a été lancé, dénonçant l’instauration future d’une sélection à l’entrée de l’université. Pour autant c’est seulement lors de la publication de cette mesure au Journal Officiel début mars que les opposants se sont réveillés. Ont alors été organisés dans plusieurs universités françaises des blocages, une poignée d’activistes occupant les lieux illégalement afin d’entraver le bon déroulement des cours et ainsi de tenter de faire pression sur le gouvernement ou ses élus locaux. L’expulsion manu militari d’une partie des bloqueurs de l’université de Montpellier, ainsi que les nombreuses grèves qui touchent le pays n’ont fait qu’amplifier ce mouvement d’opposition, adoubé par les partis politiques de gauche.
Ces blocages, s’ils ne paralysent pas la France comme les grèves actuelles, pénalisent durement les étudiants des universités concernées
En effet, et ceux-ci sont nombreux d’ailleurs à s’opposer à ces pratiques illégitimes. Ils critiquent notamment le fait que certains bloqueurs ne soient même pas étudiants dans l’établissement qu’ils occupent. Est également dénoncé le fait que ces opposants ne représentent souvent qu’une faible portion des étudiants des universités concernées. Pour autant lors du traitement médiatique de ces affaires la part belle est faite aux activistes aux méthodes illégales, le point de vue de la majorité des étudiants soucieuse de réussir sa scolarité étant au contraire trop souvent occulté.
BRÈVES DE FRANCE
Tariq Ramadan au cœur d’une nouvelle polémique.
Tariq Ramadan avait été mis en examen au début du mois de février pour avoir violé plusieurs femmes. Révélé par Médiapart et Vif, une nouvelle polémique place l’islamologue sur le devant de la scène à scandale. Celui-ci aurait acheté le silence d’une femme. Cette dernière dénonçait en effet sur les réseaux sociaux le comportement de Ramadan envers les femmes. Pour qu’elle ne mentionne plus son nom, elle aurait reçu la coquette somme de 27 000 €. Il s’avère que cette femme a été la maîtresse de Ramadan pendant plusieurs années. Bien qu’elle n’ait pas porté plainte pour viol, elle évoque une « relation destructrice », celui-ci étant souvent violent et « manipulateur ».
Flagrant délit de désinformation pour le Monde !
Comme l’a noté le site Fdesouche, Le Monde a changé le titre d’un de ses articles en ligne. Ainsi, le titre : « L’inquiétante radicalité des jeunes musulmans » devient « L’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes ». Le corps de l’article n’est pas en reste de novlangue et d’euphémisme. Ainsi, le fait de ne pas « totalement » condamné les attentats contre Charlie Hebdo est désigné comme une « tentation radicale ». Pour parler d’islamisation, les sociologues parlent de « manifestations de radicalité » ou encore « d’adhésion à l’absolutisme religieux ». Pour traiter de la perte de confiance dans les médias, ils utilisent le concept de « radicalité informationnelle ».
Disparition d’œuvres d’arts au Palais Bourbon.
Suite à un inventaire réalisé vers la fin 2017, le service des affaires immobilières et du patrimoine de la chambre des députés du Palais Bourbon, autrement dit l’Assemblée Nationale, révèle que 4 œuvres d’arts ont disparu. On établit notamment la disparition d’un tableau d’Hervé Télémaque, un autre de Richard Texier, et une œuvre d’art contemporain signé Takis. Ces œuvres, accrochées aux murs des bureaux, restent introuvables, malgré l’enquête menée par la brigade de répression du banditisme de la Police Judiciaire de Paris.
NOUVELLES DU MONDE
Le parti politique Islam montre la montée en puissance des musulmans en Belgique.
Le parti sobrement nommé « Islam » sera présent dans 6 communes de la province de Liège aux prochaines élections communales. Le parti milite pour le droit des musulmans, avec la distribution des repas halal dans les cantines, l’autorisation du port du foulard à l’école ou encore l’accord de jours de congés confessionnels. Mais il entend aussi établir un Etat islamique en Belgique, ainsi que la charia. Talal Magri, coordonne la campagne de ce parti fondé par des Musulmans en 2012. La stratégie est de s’écarter d’une image de parti religieux. Puisque selon lui, « nous défendons des valeurs et pas des dogmes. Nous laissons ça à la religion. Nous voulons d’abord aider nos concitoyens et ce, peu importe la conviction ». Lors des communales 2012, le parti Islam a obtenu deux élus dont un à Molenbeek, connu pour être un vivier d’islamistes.
Célébration de la résurrection en Orient
Dimanche dernier, les Églises chrétiennes d’Orient rattachées au calendrier liturgique catholique ont célébré avec beaucoup de ferveur, la résurrection du Christ malgré les menaces qui pèsent sur les communautés chrétiennes d’Orient. En Syrie, en Égypte, en Palestine ou encore en Irak, selon la tradition chrétienne, les processions autour des églises ont fleuri pour fêter la plus importante cérémonie de la liturgie chrétienne. À Rome, le Pape François lors de sa traditionnelle Urbi et Orbi de Pâque a appelé « à la réconciliation en Terre sainte ». Il a aussi demandé « les fruits de la paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin ». ¨Puis souhaité que « tous les responsables politiques et militaires » fassent en sorte que « soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire » sans préciser de quels massacres il s’agissait.
Le port du voile chez les fillettes dans les écoles autrichiennes pose problème.
Le gouvernement autrichien du conservateur Sebastian Kurz, allié à l’extrême droite FPÖ, prépare une loi qu’il qualifie de symbolique. Il s’agit d’interdire le port du voile aux fillettes au jardin d’enfant et à l’école primaire. Selon ses mots, but est de permettre à tout enfant de s’intégrer, évoluer librement, que les fillettes aient les mêmes chances. Pour Carla Amina Baghajati, porte-parole de la Communauté musulmane en Autriche, le cas de fillettes voilées est marginal. Il n’en reste pas moins que des jeunes filles de moins de 6ans se rendent aujourd’hui à l’école autrichienne complètement voilées.
Poignée de mains entre Ankara, Moscou et Téhéran
Mercredi 4 avril dernier, le président turc Erdogan, le président russe Poutine, et le président iranien Rohani se retrouvaient à Ankara pour discuter de l’avenir de la Syrie après une poignée de mains symbolique devant les caméras. Si l’Iran et la Russie soutiennent le régime de Damas, la Turquie soutient les rebelles syriens. Le règlement du conflit, qui a fait plus de 350 000 morts depuis 2011, traîne en longueur du fait notamment des intérêts divergents de ces pays sur le sort de Bachar al-Assad. Cette réunion tripartite a pour but de « réorganiser et renégocier les zones d’influences », notamment au Nord de la Syrie après le départ des américains.
La bonne nouvelle du jour est sportive et culturelle : Vous pouvez traverser l’Europe à vélo !
Il sera bientôt possible de pédaler du nord de la Norvège à l’Ouest de l’Espagne grâce à une nouvelle piste cyclable. Ses 3 086 km vous feront traverser sept pays différents tels que la Norvège, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique, la France et l’Espagne, durant plus de 200 heures inoubliables. Cette scandibérique a pour nom EuroVelo 3, la route des pèlerins. Cette gigantesque piste cyclable suit les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Espérons que les pays achèveront rapidement la réalisation du tronçon qui traverse leur territoire, afin de permettre à tous les aventuriers de mettre le pied à la pédale !

