Bulletin de réinformation proposé par Erika Gauthier et Alix Wald avec la contribution d’ Aliénor Lagardère, Pierre de Montgiraud et Benjamin Wirtz
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
GRANDS TITRES
► En 2019, 450 potentiels djihadistes seront remis en liberté
Près de 450 détenus radicalisés sortiront de prison d’ici fin 2019, parmi lesquels une cinquantaine de « terroristes islamistes », a indiqué mercredi la garde des Sceaux Nicole Belloubet, en affirmant que le gouvernement était « arc-bouté » sur le suivi de ces personnes. « Nous avons à peu près 500 détenus qui sont radicalisés comme terroristes islamistes. Sur ces cinq cents là, il y en aura une vingtaine cette année qui sortent, et puis à peu près une trentaine l’année prochaine », a-t-elle expliqué sur BFMTV. À cette cinquantaine d’individus devant sortir de prison s’ajoutent des détenus de droit commun qui se sont « radicalisés » : « À côté de ceux-là, nous avons effectivement des gens qui sont détenus pour des faits de droit commun mais qui en même temps, nous le savons, ont été radicalisés (…). Un certain nombre d’entre eux, à peu près 30 %, auront terminé leur peine en 2019 et sortiront en 2019. »
La ministre a-t-elle promis des mesures novatrices pour assurer la sécurité des Français ?
A vrai dire, aucune des solutions qu’elle a évoquées n’est réellement nouvelle. « Les services de renseignement qui jouent un rôle essentiel seront considérablement renforcés », a promis la ministre. « Nous allons recruter cent personnes supplémentaires sur les services de renseignement pénitentiaire et déployer des moyens pour mieux isoler les détenus radicalisés », a-t-elle dit. La France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 morts et des centaines de blessés. Un nouveau plan d’action contre le terrorisme doit être présenté en juin par le gouvernement. Espérons qu’il ait plus de succès que les précédents !
► A Bercy, des enquêteurs soupçonnent le secrétaire général de l’Elysée de conflits d’intérêts
Des perquisitions ont été menées ce mercredi à Bercy dans le cadre de l’enquête sur des soupçons de conflit d’intérêts visant le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler. Ces perquisitions, réalisées par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), ont été menées dans des bureaux du ministère de l’Économie et des Finances, où Alexis Kohler a travaillé entre 2012 et 2016.
Les enquêteurs se sont rendus dans les locaux de la commission de déontologie de la fonction publique et dans ceux de l’Agence des participations de l’État (APE), chargée de gérer le portefeuille public, a précisé une source proche de l’enquête. Le secrétaire général de l’Élysée est visé par une enquête du Parquet national financier (PNF) sur un éventuel conflit d’intérêts entre ses postes dans la fonction publique et ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC.
Quel est ce groupe et en quoi peut-il intéresser les enquêteurs ?
Ce groupe, fondé et dirigé par les cousins de la mère d’Alexis Kohler, est aussi un très important client de STX France, les chantiers navals de Saint-Nazaire. L’enquête sur cette affaire, ouverte « à la suite de la publication de plusieurs articles de presse », vise à « vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées », a indiqué lundi le PNF dans un communiqué.
Ces articles dénoncent les liens familiaux et professionnels étroits existant entre Alexis Kohler et l’armateur, qui a joué un rôle essentiel dans les discussions sur l’avenir des chantiers navals de Saint-Nazaire au cours des dernières années. Après avoir siégé au conseil d’administration de STX France entre 2010 et 2012 en tant que représentant de l’État, Alexis Kohler a voulu, à deux reprises, rejoindre MSC, à chaque fois après avoir exercé des fonctions au sein de cabinets ministériels à Bercy.
BRÈVES DE FRANCE
Nicolas Dupont-Aignan a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris
Nicolas Dupont-Aignan, député et président de Debout la France, a été relaxé mercredi par le tribunal de Paris pour ses propos évoquant une « invasion migratoire » en France, tenus en janvier 2017 lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle. Nicolas Dupont-Aignan était poursuivi pour provocation à la haine ou à la discrimination. À l’audience, le parquet de Paris avait requis 5.000 euros d’amende avec sursis contre lui. En cause, un tweet publié le 17 janvier 2017, dans lequel il écrivait : « En 2016, les socialistes compensent la baisse de natalité par l’invasion migratoire. Le changement de population, c’est maintenant ! ». Le tribunal n’a pas retenu le motif de l’immunité parlementaire invoqué par les avocats du député de l’Essonne, mais l’a toutefois relaxé sur le fond. Le parquet avait engagé des poursuites après un signalement de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).
De nombreuses critiques au sein du parti Les Républicains contre un tract qui sera distribué ce week-end
Très centré sur les questions d’immigrations, ce prospectus s’est doté d’un slogan qui n’est pas au goût de tous les militants du parti : « Pour que la France reste la France ». Pour certains élus « il ne témoigne pas d’un travail de fond » et n’aurait pas été validé lors d’une réunion. Le secrétaire adjoint du Parti Julien Aubert et Laurent Wauquiez lui-même dénoncent le politiquement correct, et souhaitent « porter un discours clair sur l’immigration » pour laquelle les Français attendent une politique ferme.
Le couvre-feu décidé par Robert Ménard en 2014 désavoué par le Conseil d’Etat
Le Conseil d’Etat a annulé ce 6 juin 2018 l’arrêté pris il y a quatre ans par Robert Ménard, maire de Béziers, proche du Front national. L’édile avait suscité une polémique médiatique en imposant un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans sur sa commune. La plus haute juridiction administrative, saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) pour «excès de pouvoir», a annulé non seulement l’arrêté municipal du 7 juillet 2014 mais aussi les décisions du tribunal administratif, puis de la cour d’appel qui avaient validé ce texte. «Les documents produits par la ville de Béziers n’apportent pas d’éléments précis et circonstanciés de nature à étayer l’existence de risques particuliers relatifs aux mineurs de moins de 13 ans dans le centre ville de Béziers et dans le quartier de la Devèze pour la période visée par l’arrêté attaqué», a relevé le Conseil d’Etat dans sa décision. «C’est une victoire totale», s’est félicité pour sa part Patrice Spinosi, avocat de la LDH, cité par l’AFP.«Il aura fallu quatre ans pour que soit enfin reconnue l’illégalité d’un arrêté dénoncé par la LDH comme une mesure injuste, guidée par l’opportunisme politique», a-t-il ajouté. Une «décision surréaliste» pour Robert Ménard.
Un Français va traverser le Pacifique à la nage
C’est le défi que s’est lancé Benoit Lecomte, âgé de 51 ans. Il se donne entre six et huit mois pour abattre les 8 800 kilomètres qui séparent Tokyo de San Francisco. Le but de son périple est d’alerter sur la pollution des océans, particulièrement sur le continent de plastique, un gigantesque amas de détritus qui fait trois fois la taille de la France et qui est entré dans la chaîne alimentaire. Ses huit heures de nage quotidienne lui feront brûler quelques 8000 calories, un véritable tour de force qui nécessite un mental d’acier. Il est également le premier homme à avoir traversé l’Atlantique à la force de ses bras.
A Lille, un homme poignardé pour avoir fumé pendant le Ramadan
Un marginal qui faisait la manche devant un magasin a reçu des coups de couteau pour une cigarette fumée pendant le Ramadan. Les trois agresseurs ont été arrêtés.
Fumer pendant le Ramadan, c’est prendre des risques en France aussi: la semaine dernière, un mendiant a été violemment agressé dans la banlieue de Roubaix, à Lys-lez-Lannoy, par des adeptes d’un islam rigoriste.
Alors qu’il demandait l’aumône, l’homme a été interpellé par trois hommes à bord d’une camionnette d’une entreprise spécialisée dans la climatisation. Ces derniers lui ont reproché de fumer une cigarette en plein Ramadan. Une bagarre s’en est suivie, après quoi le malheureux a été retrouvé sur le trottoir avec une importante plaie portée à l’arme blanche au niveau de l’abdomen.
NOUVELLES DU MONDE
Trois astronautes partis pour la Station Spatiale Internationale
Après 6.000 heures d’entraînements, un astronaute américain, un allemand et un cosmonaute russe ont décollé hier à bord de la fusée MS-09 en direction de la Station Spatiale Internationale pour une mission de cinq mois dans l’espace. L’objectif principal de cette mission est d’installer des communications sans fil sur l’un des modules de la station et de réaliser certaines expériences botaniques.
Il est à noter que dans le contexte actuel de tensions sans précédant depuis la Guerre froide, la Station spatiale internationale est un rare exemple de coopération entre la Russie et les Etats-Unis qui sont les actionnaires principaux de cette base spatiale.
Un Palestinien abattu par Tsahal pour avoir «jeté une grosse pierre» sur un soldat
L’armée israélienne a annoncé ce 6 juin avoir tué un Palestinien, affirmant qu’il avait «jeté une grosse pierre» sur des soldats lors d’une opération d’arrestations à Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Dans un communiqué, Tsahal a affirmé avoir essuyé des jets de pierres lancées par une dizaine de Palestiniens et que l’une d’elle a atteint un soldat à la tête. «Le soldat touché a riposté en tirant sur le Palestinien qui a ensuite reçu des soins sur place», a précisé l’armée israélienne, ajoutant que l’homme est décédé par la suite de ses blessures. Cités par l’AFP, des militants palestiniens ont une autre version : l’homme tué, Ezzedine al-Tamimi, se trouvait selon eux à plus de 40 mètres des soldats lorsqu’il a été abattu. Human Rights Watch, ONG américaine de défense des droits de l’Homme a mis en doute la légitimité de la réaction de l’armée israélienne. «Le droit international ne permet le recours à une force létale qu’en cas de menaces imminentes pour la vie. Il est difficile de considérer que des jets de pierres correspondent à ce critère, a affirmé l’ONG.
L’Iran s’apprête à augmenter sa production d’uranium enrichi
Les autorités iraniennes ont envoyé une lettre à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour l’informer de leur volonté d’élargir leurs capacités d’enrichissement d’uranium, car il est, selon elles, impossible de respecter les conditions du «deal nucléaire» tout en subissant les sanctions américaines.
«Dans notre lettre adressée à l’AIEA, nous indiquons notre volonté d’élargir nos capacités pour la production d’UF4 et d’UF6 (le tétrafluorure d’uranium et l’hexafluorure d’uranium, ndlr), ainsi que de prendre les mesures préliminaires pour créer une entreprise de production des rotors de centrifugeuse», a annoncé Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique.
Le leader suprême iranien Ali Khamenei a déjà ordonné à l’Organisation iranienne de commencer les préparatifs de l’élargissement de l’enrichissement de l’uranium. Il a pourtant précisé que ce projet ne serait mis en œuvre que dans le cas ou les autres pays signataires de l’accord — la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne — ne seraient pas en mesure de garantir à la République islamique les avantages économiques prévus par ce texte.
La bonne nouvelle du jour est une séance de dédicaces !
Samedi 9 juin, à la veille de notre Fête de la Courtoisie, la librairie FACTA du 9ème arrondissement organise une dédicace ce samedi 9 juin entre 15 et 18 heures en présence de Thierry Bouclier, auteur du Dernier des occupants adaptant avec modernité l’œuvre de Fenimore Cooper : Le Dernier des Mohicans. Thierry Bouclier pourra également vous dédicacer son précédent ouvrage Qui suis-je ?

