Bulletin de réinformation proposé par Arthur Van de Water et Romain Gallioukine
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00
GRANDS TITRES
► Bilan sur les élections européennes
En effet, les analyses qui suivent les soirées électorales ne favorisent pas vraiment la distance nécessaire à l’analyse objective des résultats.
Deux thèmes sont particulièrement revenus en boucle, qu’il convient de nuancer :
La participation, d’abord. Si celle-ci a effectivement augmenté par rapport à 2014 (de 42 à 50%), il faut noter que les élections étaient organisées en même temps que des scrutins locaux ou régionaux, ou référendums nationaux dans plusieurs pays, réduisant mécaniquement l’abstention. Ajoutons à cela la campagne médiatique littéralement sans aucun précédent ayant martelé, des semaines durant, que ces européennes 2019 seraient « les plus graves pour l’avenir ». Deuxièmement, la « vague verte » écologiste. En France, la « percée » (13,4%), inférieure à celle de 2009 (16%) qui fut sans lendemain, est tout de même à relativiser. Les hauts scores allemands et français, les deux pays les plus peuplés, font mécaniquement grimper la moyenne globale, alors qu’elles sont inexistantes dans des pays comme l’Italie ou la Pologne.
Les populistes ont confirmé qu’ils s’étaient largement installés dans le paysage politique européen.
Les projections de sièges des trois formations eurosceptiques de l’hémicycle – l’Europe des nations et des libertés (ENL, de Marine Le Pen et Matteo Salvini), les Conservateurs et réformistes européens (ECR, dominé notamment par des élus polonais et britanniques) et Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD, de Nigel Farage et du Mouvement 5 étoiles) – pour le futur hémicycle atteignent ainsi 172 sièges, à en croire des projections nocturnes du Parlement. Le PPE et le PSE, avec 179 sièges annoncés pour les conservateurs et 150 pour les sociaux-démocrates, perdent leur majorité absolue pour la première fois depuis 1979.
En France, le RN et LREM polarisent la France qui vote
Les deux partis se placent en tête du scrutin européen dans des zones très différentes. Le Rassemblement national, avec 5,3 millions de voix fait ses meilleurs scores dans ce que l’Insee appelle les communes des zones périphériques, tiraillées entre différentes métropoles, longtemps oubliées avant l’émergence du mouvement des gilets jaunes. À l’inverse, la liste de Nathalie Loiseau soutenue par Emmanuel Macron performe particulièrement dans les métropoles. L’électorat macroniste est largement dominé par les couches supérieures, un profil très proche des sympathisants des Verts, à l’âge près : le vote écolo est plus jeune, les sympathisants marcheurs, plus âgés. En revanche, le RN obtient ses meilleurs résultats au sein des milieux populaires, qui forment par ailleurs les gros bataillons des abstentionnistes. Surprise en banlieue parisienne, où le parti d’extrême droite connaît un essor inattendu : elle arrive ainsi en tête à Aulnay-sous-Bois, Sevran, Villepinte ou Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, mais aussi à Orly et Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne.
► La Russie une nouvelle fois condamnée par une cour internationale
La cour internationale des droits maritimes d’Hambourg exige de la Russie la restitution des marins ukrainiens prisonniers.
Mais depuis quand le Kremlin détient-il des marins ukrainiens ?
Depuis le 25 novembre dernier ! Trois navires ukrainiens et leurs équipages étaient entrés sans autorisation dans la mer d’Azov par le détroit de Kertch, propriété russe depuis que la Crimée est devenue russe en 2014. L’événement avait alors provoqué un vif regain de tension entre les deux pays, puisque plusieurs tirs avaient été échangés entre les marins de Moscou et de Kiev.
La Russie obéira-t-elle aux injonctions de la cour d’Hambourg ?
C’est peu probable : Ruslan Balbek, député de Crimée, déclare à ce sujet : « soit l’Ukraine reconnaît la provocation délibérée dans le détroit de Kertch et présente des excuses, nous parlerons alors de la libération des marins et du retour des navires, ou alors marins et bateaux ukrainiens resteront en notre possession, indépendamment de ce que peut décider la justice internationale».
Comment réagit l’Ukraine ?
Le tout récent président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré vouloir tout faire pour apaiser les tensions avec son voisin russe, et la restitution des prisonniers serait un premier pas. « En tout cas, nous attendons avec impatience nos soldats à la maison ! », a-t-il ajouté. Rappelons que Zelensky, le jour de son élection avait déclaré à propos du conflit dans le Donbass : « Je suis prêt à tout faire pour que nos héros ne meurent plus jamais. Je n’ai pas peur de prendre des décisions difficiles quitte à perdre en popularité, dans les sondages, et même à perdre mon poste sans hésitation, si c’est au prix de la paix. Mais sans perdre notre territoire, jamais ». Il ajoute que « Tant la Crimée que le Donbass appartiennent à l’Ukraine ». Une ligne politique claire, qui lui a valu une réponse rapide du porte-parole du Kremlin : « La Crimée est une région russe ! »
BRÈVES DE FRANCE
► Les Républicains en déroute après les élections européennes
En effet, le parti de Laurent Wauquiez et la liste menée par François Xavier Bellamy n’a recueilli que 8,48% des voix. Lundi, le parti a réuni son bureau politique. Laurent Wauquiez a proposé l’organisation d’« états généraux » à la rentrée pour « tout remettre à plat sur les valeurs, le projet, le fonctionnement et la stratégie d’alliance ». Eric Woerth et Valérie Pécresse ont posé la question du maintien de Wauquiez à la tête du parti, car sa stratégie semble fragilisée. Dans le XVIe arrondissement de Paris, où François Fillon avait réalisé 58,45 % en 2017, LR a rassemblé 24,22 % des suffrages exprimés, contre 46,1 % pour La République en marche.
► Un impressionnant incendie ravage des entrepôts à Aubervilliers
Dans la soirée de dimanche un impressionnant incendie s’est déclaré dans un entrepôt d’Aubervilliers, situé en Seine-Saint-Denis. Le feu s’est étendu à plusieurs entrepôts de stockage, provoquant un spectaculaire panache de fumée visible à des kilomètres à la ronde. Les secours ont indiqué que la surface globale qui s’est embrasée était de l’ordre de 6000 m². Selon une source policière l’entrepôt qui a pris feu était squatté. Rappelons que les faits se sont déroulés le soir des élections européennes, et dans une zone où les voitures sont très régulièrement incendiées lors de tels événements.… Affaire à suivre !
► Fin d’un réseau de prostitution agissant dans tout le territoire national :
Quatre proxénètes roumains, soupçonnés de diriger un vaste réseau de prostitution dans toute la France, ont été mis en examen. La juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy, qui a mené l’enquête, a informé l’AFP ce lundi. Le 6 mai, dans des hôtels des banlieues d’Auxerre et de Poitiers, les interpellations ont eu lieu par des gendarmes de la section de recherche de Nancy, soutenues par une cinquantaine de militaire. Les criminels réservaient les chambres, passaient des annonces sur la toile et s’occupaient du contact avec les clients. Selon les enquêteurs, la vingtaine de prostitués (roumaines elles aussi) « étaient tenues d’accepter de nombreux clients quotidiens et devaient verser une part significative de leurs revenus aux proxénètes ».
NOUVELLES DU MONDE
► Autriche : le chancelier Kurz renversé par le Parlement
Alors que le parti du chancelier autrichien Sebastian Kurz (ÖVP) vient d’enregistrer un score historique aux élections européennes, la jeune figure de proue de la droite vient d’être renversée par une motion de censure votée lundi après-midi au Parlement, dix jours après le scandale de l’Ibizagate, qui avait fait voler en éclat son gouvernement de coalition. Les sociaux-démocrates, ainsi que le parti nationaliste FPÖ ont apporté leurs voix à la motion, introduite par l’élu écologiste Peter Pilz. Sebastian Kurz a déclaré hier : « Je vais décevoir le FPÖ et le SPÖ: je suis toujours là. Aujourd’hui, c’est le Parlement qui a pris cette décision, mais au final, ce sera le peuple qui fera son choix, et cela me réjouit d’avance. »
► L’état-major de l’Union européenne sera dirigé par un amiral français
L’État-major de l’Union européenne (EMUE) a pour rôle d’assurer la planification et l’exécution des opérations menées dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune. Il constitue la source d’expertise militaire principale de l’UE. Depuis sa création, l’EMUE a été successivement dirigé par cinq officiers généraux, dont le général français Jean-Paul Perruche. En mai 2020, un second français en prendra les rênes, le vice-amiral d’escadre Hervé Bléjean, lequel succédera au général finlandais Esa Pulkkinen. Le vice-amiral Bléjean a été à la tête de la force Atalante, engagée dans le golfe d’Aden pour lutter contre la piraterie maritime, et numéro deux de l’opération EUNAVFOR Sophia, conduite en Méditerranée contre les réseaux de passeurs de migrants opérant depuis le littoral libyen. Actuellement, il est le second de l’Allied Maritime Command, de l’Otan.
► Amazon a le soutien de ses actionnaires pour vendre sa reconnaissance faciale à l’État
Alors que depuis 2016, les critiques fusent sur l’utilisation de la reconnaissance faciale, de la part des associations et des géants de la Tech, les investisseurs d’Amazon ont rejeté toute proposition visant à limiter ou revoir la vente et l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale d’Amazon auprès des autorités gouvernementales. Malgré les inquiétudes d’une poignée d’entre eux et la demande de trentaine de groupes militants de l’American Civil Liberties Unions, les actionnaires ont repoussé une proposition pour « commander un rapport indépendant sur l’impact de l’utilisation gouvernementale de la reconnaissance ». Ce consensus écrasant et l’absence d’égards quant à l’utilisation de cette technologie font craindre, pour l’avenir, l’incessante surveillance des citoyens par les autorités.
► Trois terroristes français condamnés à la peine de mort en Irak
Samedi 25 mai, trois Français ont été condamnés à mort à cause de leur appartenance au groupe terroriste État islamique, selon un magistrat de la cour de Bagdad qui les a jugés. Il s’agit d’un verdict inédit ! Les trois djihadistes sont Kévin Gonot, Léonard Lopez et Salim Machou, arrêtés en Syrie par une alliance arabo-kurde anti-Daesh avant d’être transférés avec neuf autres Français en Irak en février. Selon la loi irakienne, ils ont 30 jours pour faire appel. La France va-t-elle intervenir ? La question se pose. Rappelons qu’en février dernier, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait déclaré sur BFMTV à propos de la peine de mort que risquent les terroristes français de Daesh en Irak, je cite : « Vous savez là aussi qu’il y a une limite, puisque notre pays n’accepte pas la peine de mort et donc si tel est le cas en Irak, évidemment nous interviendrions pour demander que cette peine ne soit absolument pas exécutée, c’est une condition sine qua none ».
► Trois morts dans une nouvelle attaque contre une église au Burkina Faso
Une nouvelle attaque lors d’une messe catholique dans le nord du pays a tué au moins trois fidèles et fait plusieurs blessés. « Des individus lourdement armés ont attaqué l’église du village au moment où les fidèles célébraient la messe du dimanche », a déclaré une source sécuritaire rapportée par l’agence AFP. Dans ce pays, les attentats contre les chrétiens se multiplient et ont fait plus de 400 morts depuis 2015, selon un comptage de l’AFP. Ces attaques sont attribuées à une douzaine de groupes djihadistes.
► Cour de justice européenne : Même les réfugiés ayant commis des crimes graves peuvent échapper à l’expulsion
La plus haute juridiction de l’UE a rendu sa décision : Le statut de réfugié protège contre l’expulsion, et ce même en cas de crimes graves. « Le retrait ou le refus d’asile n’affecte pas le droit à la protection, en vertu de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés et des droits fondamentaux de l’UE », a déclaré mardi dernier la Cour de justice européenne. De plus, les personnes ne devraient pas être expulsées vers un pays où elles risquent des peines dégradantes. Le comportement de la personne concernée – y compris criminel – ne doit jouer aucun rôle. Cela fait suite aux plaintes de trois demandeurs d’asile qui se sont vu respectivement refuser le statut de réfugié pour cause de viol sur mineur, meurtre, ou chantage à répétition
► Snapchat : des employés ont espionné des utilisateurs
Selon d’anciens employés de Snapchat, certains de leurs collègues ont eu accès à des données de l’application sans raison valable. Ils auraient utilisé un outil intitulé Snaplion, destiné à identifier les utilisateurs en cas de réquisition judiciaire, rapporte le site Motherboard. Ils ont ainsi pu avoir accès à des informations comme le numéro de téléphone, l’adresse mail, la géolocalisation ou les photos des utilisateurs. D’après les ex-employés, l’accès aux données via Snaplion n’était pas assez surveillé. Des mails internes à l’entreprise évoquaient d’ailleurs la sécurité de l’outil en question. L’application aux 186 millions d’utilisateurs assure qu’une surveillance accrue a depuis été mise en place.
► Et la bonne nouvelle du jour : Plus de loups, nouvelles mesures pour les éleveurs !
L’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) va l’officialiser début juin : Le nombre de loups adultes a dépassé les 500 à la fin de l’hiver. Ce nombre représente le seuil minimum de viabilité pour le Canis Lupus. L’expansion de l’animal a été plus rapide que prévu, car le plan loup actuel prévoyait d’atteindre ce seuil pas avant 2023. La préoccupation des pouvoirs publics et des éleveurs est de limiter les attaques du prédateur dans l’hexagone. Le chercheur Dries KUIJPER estime que la coexistence avec les loups « dépend à quel point nous, humains, sommes prêts à s’adapter pour revivre avec le loup ». L’état finance actuellement des systèmes de protections : parcs électrifiés, chiens, gardiennage par des bergers.

