Bulletin de réinformation du 8 octobre 2018 proposé par Henri Benoît et Antoine Martin avec la participation de Sara Bernier
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h
GRANDS TITRES
► Brésil : le populiste Bolsonaro sort vainqueur du premier tour
Hier a eu lieu le premier tour des élections présidentielles brésiliennes. La condamnation à 12 ans de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent de Lula da Silva, chef du Parti des travailleurs et ancien président de la République, ne lui a pas permis de se représenter à cette nouvelle élection. C’est donc son héritier Fernando Haddad qui faisait face au candidat populiste Jair Bolsonaro dont l’électorat semble ratisser large : milieux financiers, propriétaires terriens et classes populaires…
Mais comment expliquer la popularité de Bolsonaro ?
Il a d’abord été victime d’une tentative d’assassinat, liée à son engagement politique, le 6 septembre dernier. Mais surtout, il bénéficie d’une intégrité qui contraste avec les affaires de corruption qui ont fortement discrédité ses adversaires politiques au pouvoir.
Malgré des ressources minérales et agricoles considérables, le Brésil, huitième puissance mondiale, émerge d’une période de récession un peu difficile
Oui, avec un déficit public de 84 % en 2017 et un taux de chômage de 13 %. Mais le spectacle du désastre économique du voisin vénézuélien, suite à l’épisode Chavez, n’a pas joué en faveur des forces de gauche dans les élections brésiliennes : le résultat est sans appel Bolsonaro frôle la majorité absolue avec 46,1 % des voix, contre 29,2 % pour Haddad. Il est donc le grand favori pour le second tour.
► Après Saint-Martin, Macron courtise l’électorat gaulliste à Colombey-les-Deux-Eglises.
Le passage du président de la République à Saint-Martin dans les Antilles n’aura pas manqué de faire couler beaucoup d’encre : en cause, des photographies peu amènes où il se met en scène aux côtés d’un repris de justice et son compère, des clichés qui ont fait le tour de la planète !
Mais, après avoir courtisé l’électorat de la « diversité », Emmanuel Macron s’est rendu à Colombey-les Deux- Eglises.
Et quel était le but de ce voyage ?
Il s’agissait de fêter l’anniversaire de la promulgation de la constitution de la Ve République le 4 octobre 1958. A cette occasion, le chef de l’Etat s’est livré à un vibrant hommage au général de Gaulle, ce qui a de quoi surprendre. En effet, la préoccupation du général a toujours été la grandeur de la France tandis qu’Emmanuel Macron n’a jamais caché son désir de voir disparaître l’Etat nation « France » au profit d’une Europe fédérale mondialisée.
Et pourtant, cette constitution, il souhaite bientôt la réformer ?
En effet, les discussions sur la réforme constitutionnelle doivent reprendre dès janvier 2019. Au programme, la réduction du nombre de députés et de sénateurs, qui semble faire consensus et l’introduction d’un « droit à la différenciation » pour tenir compte de la « diversité des territoires ». Ainsi la Corse dont l’existence spécifique pourrait figurer dans la Constitution, aurait le droit d’adapter les lois de la République. Mais à terme, d’autres territoires pourraient emboîter le pas. Le projet de réforme risque bien de sonner le glas d’une République « une et indivisible » ! Comment dans ces conditions, l’électorat gaulliste pourrait-il se retrouver dans une telle démarche ?
► Génération identitaire occupe les locaux de l’ONG SOS Méditerranée.
Vendredi dernier après-midi, le mouvement Génération Identitaire a occupé les locaux marseillais de l’ONG « SOS Méditerranée », après avoir fait sortir son personnel. Cette ONG est notoirement connue pour venir en aide aux clandestins fuyant le continent africain, en les embarquant sur leur navire Aquarius affrété depuis 2015 en direction des côtes européennes. Fermement opposée aux actions menées par SOS Méditerranée, le mouvement Génération Identitaire a dénoncé, je cite : le « rôle délétère joué par les ONG », en déployant une banderole sur laquelle on pouvait lire : « SOS Méditerranée complice du trafic d’êtres humains ».
Mais en quoi cette l’ONG peut-elle être qualifiée de complice ?
Cette ONG est soupçonnée, comme d’autres organisations similaires, de profiter de la situation de détresse de certains candidats africains à l’immigration, après leur abandon en pleine mer par des passeurs peu scrupuleux, liés à des réseaux mafieux notamment libyens. Selon le rapport annuel d’Interpol, 303 filières de passeurs ont été démantelés en 2017 et 90 % des déplacements de clandestins vers l’Union européenne sont organisés par des réseaux criminels. Le chiffre d’affaire de ces trafics est estimé à plus de 5 milliards de dollars.
Mais, les dirigeants européens sont-ils dupes ?
Pas du tout ! Emmanuel Macron lui-même avait critiqué en juin dernier la manière dont la crise migratoire était gérée en Méditerranée, en déclarant au journal Le Parisien « qu’on ne pouvait accepter durablement cette situation car au nom de l’humanitaire cela voudrait dire qu’il n’y a plus aucun contrôle. À la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage …».
Une pétition a été lancée par Génération Identitaire pour réclamer la saisie du navire Aquarius, actuellement privé de tout pavillon pour non-respect des procédures juridiques internationales. Elle réclame aussi l’arrêt des subventions à SOS Méditerranée, qui permet l’entrée de milliers de clandestins sur le sol européen en toute illégalité.
La réaction des pouvoirs publics à cette occupation ne s’est pas fait attendre : 22 activistes de Génération Identitaire ont été arrêtés dès vendredi pour séquestration en bande organisée, tandis que Jean-Luc Mélenchon exigeait rien de moins que la dissolution de ce mouvement.
BRÈVES DE FRANCE
Les parents de Mauranne et Laura mettent en cause le laxisme judiciaire.
Il y a un an, deux cousines, Mauranne et Laura étaient égorgées à la gare Saint-Charles de Marseille à l’arme blanche, par Hamed Hanachi au cri de «Allahu akbar ». Ce clandestin tunisien, bien connu des services de police avait déjà fait l’objet d’une reconduite à la frontière en 2005, suite à une série d’actes délictuels. Mais il avait été libéré au bout de deux jours au motif « qu’il n’y avait plus de places en centre de rétention administratif ». Il n’en fallait pas plus aux parents des victimes pour saisir le tribunal administratif de Lyon, afin de faire reconnaître par le juge la responsabilité de l’Etat, sur la base d’un dysfonctionnement grave dans le dispositif d’éloignement.
Gérard Collomb rejette d’étiquette LREM pour les municipales lyonnaises de 2020.
Gérard Collomb, ancien ministre de l’Intérieur et l’un des premiers soutiens à Emmanuel Macron, a déclaré qu’il ne ferait pas campagne sous la bannière de La République en marche. L’ancien maire de Lyon qui vient de claquer la porte de la Place Beauveau, s’est justifié en déclarant : « Ça n’a pas de sens de rassembler simplement sur un parti. Personne ne voterait pour vous dans une ville. Ce que veulent les gens, c’est que vous serviez l’intérêt général. ». Pour autant, selon un récent sondage IFOP-FIDUCIAL, 57 % des interrogés ne sont pas prêts à lui accorder leur confiance pour un hypothétique quatrième mandat. Souhaitant couper court aux rumeurs, Gérard Collomb refuse tout amalgame entre son départ précipité du gouvernement et la distance mise avec le parti du président. Il déclare : « Ça serait une crise grave si tout lien était coupé et que tout d’un coup, je parte en disant que tout ce que j’avais aimé, je le brûlais (…) On garde toujours avec Emmanuel Macron des relations de qualité. ».
Et le chiffre du jour, c’est 1,58 milliards d’euros.
C’est le montant du budget qui sera consacré à l’accueil des clandestins pour 2019. Alors que les Français sont sommés de faire des efforts et que tous les ministères sont contraints à des économies drastiques, la mission « Immigration, asile et intégration » dépensera 200 millions d’euros supplémentaires par rapport à 2018, soit une augmentation de 14%. Le but : accroître l’offre d’hébergement des clandestins afin de loger 86 % d’entre eux à l’horizon 2020, contre 50% actuellement. Le nombre de places mises à leur disposition devrait s’établir à plus 97 000 en 2019.
NOUVELLES DU MONDE
Le prix Nobel de la Paix 2018 récompense la lutte contre les sévices sexuels
Les deux candidats retenus pour ce prix ont été Denis Mukweg, gynécologue et citoyen de la République démocratique du Congo et Nadia Mourad, une Kurde yézidie originaire d’Irak. Le premier s’est distingué par son dévouement patriotique à l’hôpital de Lemera où il se consacre à la « réparation » des femmes victimes d’agressions sexuelles. Quant à Nadia Mourad, réchappée des persécutions de l’Etat islamique, elle lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre, dont elle a elle-même été victime. Âgée de 25 ans, c’est la plus jeune nominée des prix Nobel 2018.
Etats unis : la Cour suprême est acquise de justesse aux Républicains.
La nomination de Kett Kavanaugh par Trump à la Cour suprême vient d’être validée par un vote serré au Sénat : 50 voix contre 48. C’est un revers pour les Démocrates, qui ne disposent désormais que de quatre juges sur les neuf que compte la Cour. Celle-ci vérifie la constitutionnalité des lois et arbitre les conflits sur les sujets de société comme le droit à l’avortement, la peine de mort, la détention d’armes à feu ou l’environnement. Son rôle est donc capital dans les institutions américaines. La tension était forte autour de ce vote, du fait d’une campagne de dénigrement orchestrée par l’extrême gauche américaine, allant jusqu’à reprocher à Kavanaugh une « inconduite sexuelle » pour des faits, jamais prouvés et remontant … à ses 17 ans ! Une victoire savourée très publiquement par Donald Trump !
Et en Lettonie : le parti pro-russe arrive en tête
Avec 20% des voix, le parti pro russe « Harmonie », de centre gauche arrive en tête des élections en Lettonie, pays de l’Union européenne depuis 2004 et membre de la zone euro. Mais surtout, ce parti n’exclut pas une coalition avec le parti populiste KVP LV (14% des voix) pour remplacer la coalition actuelle de centre-droit en perte de vitesse.
Il semble bien qu’un vent de populisme souffle sur l’Europe jusqu’aux confins du Grand Nord..
Au Québec, le populiste François Legault tacle Marine le Pen.
Après quinze ans d’une politique immigrationniste et multiculturaliste, le Québec vient d’élire un parti conservateur et identitaire « Coalition Avenir Quebec », qui propose de réduire l’immigration et de limiter les interventions étatiques sur le plan économique. Une fois les résultats annoncés, Marine Le Pen n’a pas tari d’éloges sur François Legault, le nouveau Premier Ministre. Félicitant la Coalition pour sa victoire, elle a twitté, je cite : « Contrairement à ce que serinaient les libéraux immigrationnistes béats, les Québécois ont voté pour moins d’immigration. La lucidité et la fermeté face au défi migratoire est le point commun des élections de quasiment tous les pays du monde confrontés à cet enjeu. ».
Mais, quelle a été la réponse du Premier ministre du Quebec ?
Visiblement gêné par les compliments de la présidente du Rassemblement National, François Legault a souhaité se démarquer de Marine Le Pen, en répondant sur Twitter : « Je rejette toute association avec Mme Le Pen. Les Québecois sont accueillants et généreux. Nous allons accueillir des milliers d’immigrants chaque année, mais nous allons le faire d’une façon qui favorise l’intégration. On va en prendre moins, mais on va en prendre soin. ». Mais le doute subsiste quant aux intentions réelles de François Legault qui ne prévoit qu’une baisse de 20% du flux migratoire sur deux ans. Quant à Marine Le Pen, sa politique de dédiabolisation semble aussi trouver ses limites Outre-Atlantique.
La bonne nouvelle du jour est scientifique
Un chercheur français de l’école Polytechnique, Gérard Mourou, partage le prix Nobel de Physique 2018, avec deux physiciens américains pour leurs travaux sur les lasers. Ils ont mis au point une méthode permettant de générer des impulsions laser ultracourtes, de l’ordre de la femtoseconde (10-15 s), générant une puissance 1000 à 100 000 plus importante que pour un laser ordinaire. De nombreuses applications sont en vue, notamment en matière de chirurgie oculaire.

