Bulletin de réinformation proposé par Carl Hubert et Charles Sornac avec la contribution de Fabrice Pelot et d’Adrien Dorat.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h.
GRANDS TITRES
► Plus de 100 000 demandes d’asile en France en 2017
En 2017, l’Office française de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a enregistré un nombre record de 100 755 demandes d’asile. Soit une hausse de 17,5% par rapport à 2016.
Selon Pascal Brice, directeur de l’Ofpra, cela s’inscrit dans un mouvement de hausse depuis plusieurs années
Et le directeur de nier l’idée d’un « afflux massif », en comparant avec la situation allemande. Cependant, on notera qu’il y a eu en 2015 un essor plus important puisque nous sommes passés d’environ 64 000 demandes à plus de 80 000 en 2015 – et donc à plus de 100 000 en 2017.
Surtout, il faut rappeler qu’en 1951, au moment de la signature de la convention de Genève sur le droit d’asile, la France recevait environ 300 demandes par an.
Il s’agissait alors de Sud-Américains fuyant des dictatures militaires et de dissidents politiques de l’Est fuyant le communisme. C’est dans les années 70 que les demandes ont considérablement évolué. En effet, c’est en 1967 que le protocole de New-York a étendu le droit d’asile de la convention de Genève à l’ensemble des pays et conflits, sans restrictions géographiques. Alors que la convention de Genève de 1951 restreignait le statut de réfugié aux Européens. Maintenant, les demandes d’asile proviennent massivement d’Afrique et du Moyen-Orient.
Les services peuvent-ils faire face à un tel volume ?
Le délai d’instruction d’une demande, qui était de sept mois, est désormais passé à trois mois grâce à un recrutement important de personnel, l’objectif fixé par le président de la République étant de deux mois – sans compter cependant les délais de recours.
Cet accroissement de la demande semble marquer ainsi une profonde transformation du droit d’asile, devenu un moyen d’accès au territoire comme un autre.
Les demandes ne risquent pas de décroître compte tenu du désarmement moral des Européens. Le principal problème qui demeure est la gestion des déboutés du droit d’asile, sachant que la plupart demeurent sur le territoire sans autorisation.
► Emmanuel Macron tente de séduire les catholiques français
Lundi 9 avril, Emmanuel Macron a prononcé un discours devant les évêques de France, lors d’une soirée au collège des Bernardins. C’était la 1ère fois que l’Église organisait une telle rencontre.
Un événement politique que certains ont pu rapprocher du dîner du CRIF.
Parmi les 400 invités, on trouvait notamment des élus, des entrepreneurs ou encore des responsables associatifs.
Et Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF, a profité de la présence du président de la République pour aborder les inquiétudes des catholiques devant la politique familiale menée par le gouvernement.
Il a réaffirmé la volonté de défendre la vie face à l’avortement et reste alerte dans les débats actuels sur la légalisation de la PMA et de l’euthanasie.
Alors que les catholiques tendent de plus en plus à droite, Emmanuel Macron a répondu par un discours plein de flatteries.
Le président a déclaré souhaiter réparer le lien abîmé entre l’Église et l’État car, selon lui, « la laïcité n’a pas pour fonction de déraciner de nos sociétés la spiritualité ».
Mais, pour autant, Emmanuel Macron n’a pris aucun engagement concret en matière de bioéthique, si ce n’est « entendre la voix de l’Église ».
Ces paroles ont suffi pour enthousiasmer Christine Boutin qui s’est dite « émerveillée » car « ça va devenir top d’être catho cohérent ! ».
A gauche, le chef de l’État a déclenché l’ire des représentants politiques.
Jean-Luc Mélenchon a décrit un « délire métaphysique », tandis que Benoît Hamon y voit « un affront inédit à la loi de 1905 ». On les a connu moins véhéments lorsque des ministres ou des élus apparaissent au dîner du CRIF ou quand la mairie de Paris organise une soirée pour la rupture du jeûne du Ramadan.
► Les Etats-Unis soufflent le chaud contre la Syrie
L’oligarchie mondialiste a déclenché la deuxième étape de son plan pour lancer l’Occident dans un conflit ouvert avec la Russie. La première étape était l’affaire Skripal. Rappelons que personne n’a aucune preuve que l’ancien agent double Skripal et sa fille aient bien été empoisonnées. Et encore moins de preuves que ce supposé empoisonnement soit le fait des services russes : même l’agence britannique spécialisée dans les armes chimiques n’a pu établir ce lien.
La deuxième étape est la vraie fausse attaque chimique à Douma, près de Damas.
Et elle a eu lieu vendredi. Il s’agit évidemment d’une tentative de manipulation puisque les faits ne sont pas avérés et que l’armée syrienne n’aurait aucun intérêt à une telle attaque chimique. Ce n’est pas la première provocation de ce genre mais ceux qui l’ont organisée espèrent bien qu’elle déclenchera cette fois-ci une escalade de violence. L’Etat d’Israël s’y est d’ailleurs essayé dans la nuit de dimanche à lundi en bombardant secrètement une cible militaire syrienne, laissant d’abord croire à une frappe américaine.
Mais l’armée russe a identifié l’assaillant et tant les Américains que les Français ont démenti avoir pris part au bombardement.
Mais ce n’est que partie remise. Car le président Trump semble s’être pris au jeu de l’Etat profond américain, pour lequel cette opération permettrait d’empêcher le président Trump de se retirer de Syrie comme il s’y est engagé. A grands renforts de tweets, le président américain insulte el-Assad et Poutine et menace d’une offensive militaire. De son côté, la Russie a averti qu’elle riposterait à une agression militaire américaine contre son allié syrien si elle met en danger ses propres troupes en Syrie.
Une menace qui devrait conduire Trump à se limiter à quelques gesticulations.
Tel est d’ailleurs le sens des dernières déclarations du président Macron. Avant la réunion du conseil de sécurité des Nations Unies hier soir, qui a aboutit à un échec, le président de la République déclarait envisager une frappe contre les « capacités chimiques » de l’Etat syrien. Or celui-ci en est dépourvu !
BRÈVES DE FRANCE
Des complices de l’assassin de Magnanville en garde-à-vue
L’enquête se poursuit, deux ans après l’odieux assassinat de deux fonctionnaires de police à Magnanville. On se souvient que le terroriste Larossi Aballa avait tué à l’arme blanche Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider à leur domicile et sous les yeux de leur fils de 3 ans. On ne savait pas alors comment et pourquoi l’islamiste avait ciblé ses victimes.
Or ce lundi, la sous-direction antiterroriste aurait placé 6 personnes en garde-à-vue, dont une policière de 48 ans, ainsi que sa fille et des membres de son entourage. Bien que la policière ne soit pas directement mise en cause, elle aurait hébergé une fichée S pour radicalisation. Il s’agissait d’une amie de sa fille. Le fait que des islamistes soient en contact étroit avec certains membres des forces de l’ordre est évidemment inquiétant.
L’évacuation de Notre-Dames-des-Landes se poursuit
L’opération, commencée lundi, va se poursuivre toute la semaine, selon le ministre de l’intérieur. Il y aurait près de 2.500 gendarmes sur les lieux pour quelques centaines de ZADistes. Une quinzaine de squats a été démantelée mais plusieurs restent à réduire.
On dénombre une dizaine de blessés chez les gendarmes. Mais la pression reste forte sur les forces de l’ordre puisque le spectre de Rémi Fraisse hante encore les mémoires. L’emploi massif de gaz lacrymogènes est donc le mode d’action privilégié, à côté du bulldozer.
Laurence Trochu nouvelle présidente de Sens commun
Le mouvement politique issu de La Manif pour tous, Sens commun, a désormais une nouvelle présidente en la personne de Laurence Trochu. Originaire de Nantes, âgée de 44 ans, ex-professeur de philosophie au lycée, elle est élue au conseil départemental des Yvelines. Durant la campagne présidentielle, elle a été porte-parole de François Fillon chargé des dossiers de la famille et des valeurs ; elle était également membre du bureau politique de LR. Désormais, elle se donne la mission, je cite « d’enraciner dans la durée ce mouvement et de porter une droite de conviction au sein des Républicains ». A noter qu’elle promeut également les méthodes de régulation naturelle des naissances dans le cadre du mouvement Billings France.
La phrase du jour est de Laurent Wauquiez
Le président des Républicains a publié dans Le Figaro une tribune dénonçant le refus de considérer la menace islamiste en évoquant, je cite « l’archipel du djihad » – une référence à l’archipel du Goulag de Soljenitsyne. Il fustige ainsi la tendance de la pensée dominante à, je cite, « disculper l’islamisme du terrorisme ». Ce déni culmine dans le discours du président Macron qui préfère cibler la laïcité qui se « radicaliserait », plutôt que l’islam. Selon Laurent Wauquiez, qui se demande jusqu’où ira l’aveuglement, l’islam, à travers l’islamisme, est en proie à une dérive mortifère.
NOUVELLES DU MONDE
Le chiffre du jour, c’est 49%
C’est le résultat quasi-définitif du Fidesz aux élections législatives hongroises. Il permet à Viktor Orban de récupérer 134 députés sur 199 et d’enchaîner un 3ème mandat de Premier ministre. Cette majorité d’un peu plus des deux tiers du Parlement lui permettra également de réviser la Constitution sans l’appui d’autres partis. Une victoire d’autant plus éclatante que le taux de participation est le plus élevé depuis 2002, avec 69%. A noter que le parti nationaliste Jobbik, qui s’est cependant recentré sur une ligne libérale, a atteint presque 20% des suffrages et obtient ainsi 27 sièges au Parlement. Avec ce plébiscite, Viktor Orban compte bien continuer à tenir tête aux politiques économique et migratoire de Bruxelles et faire bénéficier sa victoire à toute l’Europe.
Le Congrès américain s’attaque aux entreprises russes
La loi « Contre les adversaires de l’Amérique » adoptée par le Congrès américain afin de sanctionner des oligarques et des entreprises russes accusés « d’activités malveillantes contre les démocraties occidentales » a porté un coup dur à l’économie russe. En effet, ce sont 38 personnes et entreprises qui ne peuvent plus faire affaire avec des Américains. Parmi eux, on compte le métallurgiste Rusal, dirigé par Oleg Deripaska. L’action de ce groupe, qui est l’un des plus importants producteurs mondiaux d’aluminium, a perdu 50 % de sa valeur lundi à la bourse de Hong-Kong.
Ces sanctions sont prises alors que Washington enquête sur l’ingérence du Kremlin et d’hommes d’affaires russe dans l’élection présidentielle. Il faut souligner qu’elles sont prises à l’initiative du Congrès et non de la Maison blanche.
« MBS » révèle que les Occidentaux ont encouragé le wahhabisme
Mohammed Bin Salmane, a déclaré, fin mars, dans le Washington Post, que l’Arabie Saoudite aurait œuvré à la diffusion du wahhabisme dans le monde islamique sur injonction de ses alliés occidentaux, afin de contrecarrer l’influence soviétique.
Se déchargeant ainsi de sa responsabilité dans le financement international du terrorisme, le nouveau prince héritier d’Arabie Saoudite poursuit le processus de séduction de ses alliés occidentaux traditionnels. Manœuvre très compréhensible alors que MBS semble vouloir rompre avec l’établissement wahhabite, avec la bénédiction de Donald Trump.
Moins compréhensible, en revanche, est la faiblesse des relais de ces déclarations dans la presse francophone, où l’on préfère cacher ce soutien occidental à l’islamisme, qui était encore récemment la politique de Hollande et de Fabius.
LA BONNE NOUVELLE DU JOUR EST ÉDITORIALE
C’est la publication de « Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne. ». Il s’agit du nouvel ouvrage de l’Institut ILIADE. Il réunit un ensemble de textes originaux et fondateurs, exprimant une vision du monde cohérente, centrée sur la figure pérenne de l’homme européen. Pour l’Institut pour la longue mémoire européenne, cet ouvrage collectif est, je cite, « un appel au grand ressourcement », qui « s’adresse à tous ceux qui refusent la fatalité du déclin, et qui souhaitent œuvrer au renouveau de notre civilisation plurimillénaire ». Parmi les signatures, on relèvera celles de Philippe Conrad, Henri Levavasseur, Jean-François Gautier, Thibaud Cassel, François Bousquet ou encore Jean-Yves Le Gallou. « Ce que nous sommes » est publié par Pierre-Guillaume de Roux et en vente au prix de 16 euros.
Merci de nous avoir écoutés. Nous vous donnons rendez-vous demain à 7h15 pour un nouveau bulletin de réinformation sur Radio Courtoisie. Que le Soleil brille dans vos cœurs !

