Bulletin de réinformation proposé par Henri Dubost et Catherine Noailles, avec la contribution de François Persurier.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
Version texte
ÉPHÉMÉRIDE
Le 16 février 1892, le pape Léon XIII publie « Au milieu des sollicitudes. L’Eglise et l’Etat en France ». Par cette encyclique, Léon XIII, prenant acte de la pérennisation de la République au sein de la société française, considère qu’il est préférable que les catholiques œuvrent de conserve plutôt qu’en opposition avec les Républicains, et tentent ainsi d’infléchir un pouvoir qui s’est construit contre eux dans le bain de sang de la Révolution. Je cite « Nous croyons opportun, nécessaire même, d’élever de nouveau la voix pour exhorter plus instamment – nous ne dirons pas seulement les catholiques – mais tous les Français, honnêtes et sensés, à repousser loin d’eux tout germe de dissentiment politique, afin de consacrer uniquement leurs forces à la pacification de leur patrie », fin de citation. Une grande partie des catholiques français, exaspérés par la politique résolument anticléricale de la République, refuseront cette injonction de ralliement. Albert de Mun, grande figure du catholicisme social et précurseur de la démocratie chrétienne, s’y conformera cependant. Après la grande boucherie de la première guerre mondiale qui, paradoxalement, a soudé les Français autour de l’idéal républicain, les catholiques se rallieront de fait à la République.
GRANDS TITRES
- Turquie : les grandes manœuvres d’Erdogan
- Marine Le Pen : « Le jour où quelqu’un est plus performant que moi, je l’accompagnerai »
Turquie : les grandes manœuvres d’Erdogan
Erdogan multiplie les initiatives musclées pour raffermir son pouvoir tout en préparant les prochaines échéances électorales.
A l’occasion du coup d’Etat manqué de juillet 2016, Erdogan a procédé à des purges d’une ampleur sans précédent : plus de 107 000 fonctionnaires condamnés et une armée passée au peigne fin. La répression touche à présent l’ensemble de la population : près d’un citoyen turc sur dix a ainsi fait l’objet d’une enquête policière. Parallèlement, pour rétablir la confiance d’une opinion publique fortement ébranlée par les attentats meurtriers de l’Etat islamique et par la reprise des combats contre le PKK, le pouvoir turc multiplie les déclarations va-t-en-guerre en politique extérieure. C’est ainsi que le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, vient de rappeler que les gisements d’hydrocarbures au large de Chypre étaient situés sous la plateforme continentale turque, ajoutant que la Turquie entendait, je cite, « prendre toute mesure nécessaire pour protéger ses droits en Méditerranée orientale », fin de citation
Mais c’est avec l’opération « Rameau d’Olivier » qu’Erdogan s’affirme fin stratège
Après l’avoir adroitement présentée comme une extension de la lutte contre les rebelles kurdes de Turquie, Erdogan a, le 20 janvier dernier, lancé les forces turques à l’assaut de l’enclave kurde d’Afrin située en territoire syrien. Les premiers succès réveillent puissamment le sentiment chauvin dans l’opinion, qui soutient massivement le pouvoir. Alors que les journaux vantent « l’Union Sacrée » et que les imams appellent à prier pour la victoire, Erdogan profite de l’aubaine pour enfermer des centaines d’opposants à l’intervention, issus principalement des couches éduquées de la population.
Cette flambée islamo-nationaliste s’accompagne évidemment d’une fièvre xénophobe
Surtout dirigée contre les Etats-Unis, du fait de l’alliance américano-kurdes en Syrie. Un récent sondage relève ainsi que l’opinion turque est à 83% hostile aux Etats-Unis, à 73% à la Russie, 73% également à l’Europe, 72 % aux juifs, 69% aux chrétiens et, cerise sur le gâteau, à 67% hostile à l’OTAN, alors même que la Turquie apparaît comme le principal pilier de l’Organisation dans la région. L’opération « Rameau d’Olivier » est certainement un coup de maître du stratège Erdogan, qui pourrait le propulser vers une victoire écrasante en cas d’élections anticipées
Marine Le Pen : « Le jour où quelqu’un est plus performant que moi, je l’accompagnerai »
Lors du « Rendez-vous politique » de l’Association de la presse étrangère qui a eu lieu hier, Marine Le Pen s’est dite prête à soutenir un autre candidat qu’elle-même au sein du Front national pour l’élection présidentielle de 2022, si ce dernier était, je cite, « mieux placé » qu’elle pour diriger le parti. La présidente du Front national a précisé, je cite : « Lors du congrès qui précédera la présidentielle, le président du Front national élu sera le candidat à la présidentielle. Si je suis la mieux placée pour porter nos idées et pour rassembler autour de moi, je serai [ce candidat]. Si les adhérents du Front national considèrent qu’il y a quelqu’un de mieux placé que moi, ça ne me pose aucun problème. Aucun problème. Moi je me bats pour des idées. Je ne me bats pas pour ma carrière personnelle », fin de citation.
Rien de bien nouveau : c’est ce que Marine Le Pen avait déjà déclaré fin septembre dernier au micro de BFMTV
Lors de cet entretien en effet, le lendemain du départ de Florian Philippot, la présidente du Front national avait déjà estimé être la mieux placée pour représenter de nouveau le FN en 2022, ajoutant, je cite : « Aujourd’hui c’est le cas. Dans trois ans, je ne sais pas ».
Lors de sa conférence d’hier jeudi, une incise a pu semer le doute
La présidente du Front national a en effet déclaré, je cite : « Je suis là presque par une forme de hasard, qui a déjà été décrit à de multiples reprises ». Fin de citation. Certains observateurs y ont vu l’aveu d’une certaine lassitude dans un combat politique dont les fruits tardent à venir, alors que la situation du pays – immigration de masse, violences urbaines, déclassement des couches moyennes et populaires – devrait au contraire asseoir l’audience du parti dans l’opinion. Dans l’éprouvant bras de fer qui l’oppose à son père, la cour d’appel de Versailles a de plus singulièrement compliqué la tâche de Marine : si Jean-Marie a été exclu du Front, il n’en reste pas moins président d’honneur, avec un pouvoir de nuisance dont la présidente se serait volontiers passée.
Lors de votre Libre Journal de l’Identité du vendredi 2 mars prochain, Henri, vous recevrez Hubert de Mesmay, ancien militant du Front et marinosceptique, auteur de « Autopsie d’un crash annoncé », et Mathilde Arouët, conseillère régionale FN et secrétaire départemental des Yvelines.
Rappelons que le Front national tiendra son 16ème congrès les 10 et 11 mars prochains, à Lille
BRÈVES DE FRANCE
Zemmour pris au piège de Blanquer
Dans son éditorial du mardi 13 février dernier au micro de RTL, Éric Zemmour s’est félicité, je cite, du projet « authentiquement réactionnaire » porté par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer : retour de la méthode syllabique, de la dictée, des quatre opérations, de la morale, etc. Dans un article publié avant-hier sur le site de Riposte Laïque, Claude Meunier-Berthelot fustige la naïveté du journaliste qui s’imagine que toutes ces belles réformes sont destinées à l’ensemble des écoliers. Dans son livre « Ecole, la haute trahison » – Editions Apopsix, Mme Meunier-Berthelot a clairement montré l’existence de deux systèmes éducatifs aux objectifs et moyens diamétralement opposés. L’un pour nos enfants, fondé sur des méthodes anti-pédagogiques destructrices de l’intelligence. Et l’autre (les REP et REP+) à destination des élèves des « quartiers », y compris des clandestins, qui bénéficient de moyens importants et de méthodes éprouvées, systématiquement mises en avant par le ministre Blanquer devant les caméras de télévision, avec l’intention de faire croire qu’elles sont devenues le pain quotidien de toutes les écoles de la République, ce qui est faux. Relayée par l’ensemble des médias du système, la tromperie est totale.
Faurisson versus Chemin : les lourds sanglots d’Ariane
Jeudi avant dernier, devant la célèbre XVIIe Chambre correctionnelle, le professeur Robert Faurisson faisait appel d’une décision de justice datant de juin 2017 qui reconnaissait que la journaliste du « Monde » Ariane Chemin avait apporté la preuve qu’il était, je cite, « un menteur professionnel ». L’audience d’appel était présidée par Catherine Bézio, qui semble-t-il découvrait les chausse-trappes du dossier. C’est ainsi que, s’adressant à Ariane Chemin, Mme Bézio eut cette question : « Sur quoi vous fondez-vous pour dire qu’il est un menteur ? » Consternation dans les rangs de la cour. « J’assume absolument ce que j’ai écrit, a alors martelé la journaliste, je suis de la génération Gayssot, et pour moi, il est évident que nier l’existence des chambres à gaz est un délit. Dire que M. Faurisson est un menteur professionnel, c’est une évidence. », fin de citation. Un argument tautologomorphe que Mme Chemin a cru prudent de doubler de lourds sanglots. « C’est si mystérieux, le pays des larmes » disait poétiquement Antoine de Saint-Exupéry. Décision le 12 avril.
Le dicton macronien du jour : « Neige en février, sondages écrabouillés »
Selon un sondage « L’Opinion en direct » pour BFMTV publié mercredi, les Français sont 65% à considérer que le gouvernement et le président de la République se sont montrés éloignés des préoccupations des sinistrés, un pourcentage qui monte à 73% et 81% chez les partisans de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Dans le dernier sondage Ipsos Game Changers pour Le Point, publié également mercredi, une majorité des sondés, 55%, se disent défavorables à l’action du président de la République, qui dévisse de 13 points auprès des sympathisants des Républicains.
Le chiffre du jour : c’est 32 000 euros
C’est la somme que la CAF, la Caisse d’allocation familiale, a donnée pendant deux ans et demi à un clandestin algérien qui se faisait passer pour un immigrant régulier irakien. Découvrant la supercherie, la CAF a porté l’affaire devant les tribunaux. La justice vient de donner raison au fraudeur, et donc de débouter la CAF, au motif que cette dernière savait qu’il y avait une incertitude sur l’identité de la personne. Pendant deux ans et demi, c’est donc à l’aveuglette que la CAF a versé 32 000 euros à un individu dont elle a reconnu qu’elle ne savait pas exactement qui il était. En 2016, la CAF a elle-même chiffré à presque 300 millions d’euros le montant des fraudes à son préjudice.
BRÈVES DU MONDE
Obama et la décapitation des blancs : un portrait problématique
Lundi dernier – un an après le départ du couple présidentiel, comme le veut la tradition – Michelle et Barack Obama ont dévoilé leurs portraits officiels pour la National Portrait Gallery. Pour la première fois, ces portraits ont été réalisés par des artistes noirs. Kehinde Wiley, l’artiste choisi par Obama est connu pour avoir peint des tableaux représentant des femmes noires en train de décapiter des femmes blanches. Un simple détail, bien entendu
Alternative für Deutschland : un article du New-York Times s’inquiète de l’influence grandissante du parti populiste chez les ouvriers allemands
L’article, publié le 5 février dernier, donne la parole à un mineur de fond, ancien membre du SPD, et passé depuis deux ans à Alternative für Deutschland. « L’AfD est un nouveau parti populaire qui se soucie du peuple » affirme -t-il, précisant que l’AfD possède son plus grand potentiel dans la Ruhr, naguère le cœur industriel de l’Allemagne de l’Ouest et bastion de longue date de la social-démocratie et des syndicats. Dans les Länder de l’est, l’Afd devance désormais le SPD et elle le talonne en Bavière. Le parti populiste s’apprête à fonder un nouveau mouvement national des travailleurs allemands, le « Deutsche alternative Gewerkschaft ». « La révolution, prédit le mineur, se fera dans l’industrie automobile ».
Bonne nouvelle
Alix Lachouette, notre réinformatrice de choc, est de retour ! Vous l’entendrez de nouveau très bientôt le vendredi à ce même micro ! Alléluia !

