Bulletin de réinformation proposé par Henri Dubost et Catherine Noailles.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
Version texte
ÉPHÉMÉRIDE
Le 9 février 1893 prenait fin le procès des administrateurs de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama devant la première chambre de la Cour d’appel de Paris. Le scandale avait éclaté quatre années plus tôt par la mise en liquidation judiciaire de la Compagnie, provoquant la ruine de plusieurs centaines de milliers d’épargnants. L’affaire éclaboussa de nombreux hommes politiques de premier plan de la IIIe République, parmi lesquels Georges Clemenceau et Charles Floquet. En septembre 1892, dans son journal La Libre Parole, Edouard Drumont révèle l’ampleur de la corruption : plus de cent parlementaires ont à des degrés divers touché des pots-de-vin, et de nombreux journalistes ont été soudoyés pour assurer la promotion de l’investissement. Plusieurs noms de l’oligarchie financière cosmopolite sont liés au scandale : Cornelius Herz, Léopold-Emile Aaron, dit Arton, et surtout Jacques de Reinach, le véritable cerveau de l’escroquerie. Une surreprésentation de la finance apatride qui explique largement la montée de l’antisémitisme dans l’opinion et son exacerbation au moment de l’affaire Dreyfus qui éclate l’année suivante. Seuls Ferdinand de Lesseps et son fils Charles, l’ingénieur Gustave Eiffel et deux autres comparses seront condamnés. Les trois premiers à des peines très modérées, sans doute protégés par leurs accointances franc-maçonnes.
GRANDS TITRES
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La police de sécurité du quotidien : nouveau gadget de communication ou réel outil de sécurité au service des Français ?
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Alternative für Deutschland : vers un réveil identitaire allemand
La police de sécurité du quotidien : nouveau gadget de communication ou réel outil de sécurité au service des Français ?
Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a présenté hier la police de sécurité du quotidien (PSQ)
« C’est surtout une méthode de travail, un nouvel état d’esprit pour l’ensemble des forces », s’est félicité le ministre dans un entretien au Monde. D’ici à janvier 2019, trente quartiers « difficiles » (comprendre ethniques) bénéficieront ainsi de « moyens supplémentaires » – un renfort de 15 à 30 policiers pour chacun d’eux. Evoquant Trappes, Aulnay-sous-Bois, Le Mirail à Toulouse, La Neuhoff à Strasbourg, ou encore les quartiers nord de Marseille, Gérard Collomb a parlé de « reconquête républicaine » (sic), allusion non dissimulée à l’ouvrage collectif « Les territoires perdus de la République », publié en 2002 – comme le temps passe… –, sous la direction de l’historien Georges Bensoussan
La PSQ était une promesse électorale d’Emmanuel Macron
Le président de la République avait présenté cette PSQ comme, je cite, une « nouvelle référence en matière de sécurité publique ». Beaucoup d’élus et de policiers s’interrogent quant à eux sur l’impact réelle de cette innovation, ayant en tête l’échec de la « police de proximité » décrétée en 2002 sous Jospin. A l’approche des présidentielles de 2002, le gouvernement socialiste de l’époque s’était fait un devoir de paraître à l’écoute du « sentiment d’insécurité » des Français. Mise en place à moyens constants, et donc dans la logique « comment déshabiller Paul pour habiller Pierre », cette « police de proximité » s’était soldée par un échec retentissant. Sans doute conscient de cette objection, le ministre Collomb a assuré que la PSQ serait gagée sur une augmentation réelle des moyens. Attendons de voir
La zone gendarmerie n’est pas oubliée
En zone gendarmerie, 20 départements (essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l’ouest de la France) disposeront de renforts. Avec la diffusion d’une migration de masse sur l’ensemble du territoire, les zones rurales connaissent en effet une explosion de la délinquance et de la criminalité. Une réalité semble-t-il prise en compte par le pouvoir.
Alternative für Deutschland : vers un réveil identitaire allemand
Réveil identitaire allemand : l’article du Figaro autour duquel nous avons construit cette majeure ne sait sur quel pied danser…
Son titre : « Plongée dans le fief est-allemand de l’extrême droite » se veut naturellement ostracisant, alors que le corps du texte est beaucoup plus mesuré. Il faut savoir que si les journalistes se laissent parfois aller au politiquement incorrect, ce sont les rédacteurs en chef, aux ordres, qui imposent titres et intertitres, dans la droite-ligne de la pensée dominante. L’article parle ainsi sans le nommer, je cite, d’un « nouveau parti [qui] a surgi, atteignant plus de 12,6 % des voix – score sans précédent depuis 1945 pour une formation qui revendique un nationalisme sans complexes », fin de citation. Au lecteur de comprendre qu’il s’agit de l’AfD, Alternative für Deutschland…
Que décrit le journaliste ?
Un nationalisme en effet « sans complexe ». Il parle, je cite, de « la lame de fond du réveil identitaire allemand dans les terres saxonnes de l’ex-Allemagne de l’Est ». Avec les manifestations du mouvement Pegida en 2014, les Allemands de l’Est se sont ainsi remis à chanter l’hymne national, y compris les deux premiers couplets occultés depuis 1945, dont le fameux « Deutschland über alles ! ». Un policier estime, je cite, qu’« au moins 80 % des policiers allemands ont voté pour l’AfD », parce qu’« ils voient la réalité se dégrader ». L’homme exprime toute sa colère, je cite encore : « entre le virage à gauche de la CDU, la vague des migrants et le politiquement correct des médias », fin de citation. L’Eurocratie bruxelloise est tout particulièrement honnie par l’opinion, je cite : « L’Europe des patries de De Gaulle et d’Adenauer, voilà le modèle, au lieu du monstre administratif actuel ». La politique anti-immigrationniste des pays du groupe de Visegrad, et entre autres de la Hongrie, est en revanche plébiscitée. « N’oubliez pas qu’ils ont vaincu les Turcs à Vienne, il y a 300 ans. Ils veulent préserver leur identité chrétienne ! », fin de citation.
Un bouleversement politique en perspective ?
Déjà largement sensible, avec la mise en échec de celle que les Allemands appelaient naguère familièrement « la Reine Merkel », réputée imbattable, mais qui a dû passer sous les fourches caudines depuis une série de revers électoraux dont l’épicentre est précisément les Länder de l’est. Pour le géopolitologue américain Jeff Gedmin, je cite : « Dresde est un incubateur ». « La question de la patrie, de l’Heimat, va se propager aux autres régions de l’Allemagne et changer à terme la donne politique », fin de citation. Soros a peut-être raison de s’inquiéter…
BRÈVES DE FRANCE
France Orange mécanique
Une jeune femme a été violée mercredi après-midi à Rennes. Elle gardait les enfants d’un couple quand l’agresseur a fait irruption dans l’habitation. L’un des enfants, âgé de 10 ans, qui a tenté de défendre sa nounou a été sérieusement blessé par le violeur. Un ouvrier, qui travaillait sur un chantier voisin, a donné l’alerte et permis l’interpellation du criminel, dont le procureur a précisé qu’il est « originaire de Mayotte »
France Orange mécanique, suite : le lycée Gallieni de Toulouse face aux réalités ethniques
« À tout moment, quelqu’un peut nous frapper ou nous insulter » témoigne un professeur de ce lycée public de 950 élèves des « quartiers difficiles ». « Oui, j’ai peur systématiquement qu’il y ait quelque chose qui dérape. Quand ils se battent, ils vont décrocher les extincteurs pour s’éclater la tête ». Fin de citation. Le conseiller sécurité et le nouveau proviseur dépêchés vendredi dernier par le ministre Blanquer soi-même n’ont semble-t-il pas suffi à calmer le jeu : la Dépêche du midi faisait état hier de nouvelles « incivilités »…
#BalanceTonHulot et #NicolasToo : le ministre de la transition énergétique et solidaire (sic) dans la tourmente
Les médias lui avaient jusqu’à présent tout passé, entre autres son coquet patrimoine avec ses neuf véhicules à moteur pas très écolos ou encore la présence ennuyeuse de perturbateurs endocriniens dans les produits Ushuaïa qui ont assuré sa fortune. Hulot continuait à caracoler dans les sondages de popularité taillés sur mesure par les instituts ad hoc. Hulot pourrait en revanche chuter sur des révélations concernant des « conduites sexuelles inappropriées » que s’apprête à faire le magazine L’Ebdo. Sic transit Gloria Mundi ?
BRÈVES DU MONDE
Syrie : la coalition occidentale attaque les forces pro-gouvernementales syriennes. Vives condamnations de Damas et de Moscou
Dans la nuit du 7 au 8 février, la coalition dirigée par Washington a attaqué les forces légales syriennes dans la province de Deir-ez-Zor, à l’est du pays, provoquant plus de 100 morts parmi les combattants loyalistes. Damas et Moscou ont vivement dénoncé cette opération, le gouvernement syrien la qualifiant, je cite, de « crime de guerre ». Sans apporter de précisions, Washington a répondu qu’il ne s’agissait que d’une riposte à une attaque de forces pro-Damas visant le quartier général des forces démocratiques syriennes (FDS) – une alliance de rebelles arabo-kurdes soutenue par les Etats-Unis. Moscou a également condamné les frappes de la coalition. Pour Frants Klintsevich, vice-président de la commission de la Défense russe, je cite : « Les actions de la coalition américaine ne sont pas conformes aux normes légales. Les Américains n’ont jamais agi si ouvertement en Syrie, c’est sans précédent », a-t-il ajouté
Serguei Lavrov : « Que font encore les Américains en Syrie ? »
L’objectif de destruction de Daesh, avancé par Washington pour justifier sa présence en Syrie, ayant été atteint, le ministre russe des Affaires étrangères s’est publiquement demandé ce que fait encore l’armée américaine sur le sol syrien. Pour Serguei Lavrov, il ne fait aucun doute que les Américains entendent ainsi parachever l’élimination du gouvernement légal de Bachar el Assad et assurer une partition de la Syrie à leur profit. Le 19 janvier dernier, le ministre avait déjà déploré l’implication de Washington, je cite, « dans la création d’entités gouvernementales alternatives sur de vastes pans du territoire syrien ». Les Etats-Unis comptent près de 2 000 soldats actuellement positionnés en Syrie. Damas n’a jamais accordé son autorisation au déploiement de ces militaires américains sur son propre territoire.
Afrique du Sud : une zimbabwisation qui préfigure l’avenir du continent noir
Non, l’apartheid n’a pas disparu en Afrique du Sud : ce sont maintenant les blancs qui sont victimes d’une discrimination d’Etat largement plus implacable que ne l’était l’apartheid mis en place par les Afrikaners. C’est ce que montre un reportage de M6 diffusé le 4 février dernier. De nombreux leaders politiques noirs exigent l’expropriation des blancs et appellent, je cite, à la « revanche du peuple noir ». Les attaques dans les fermes se multiplient : 72 fermiers blancs ont été massacrés en 2017. Une partie de la communauté afrikaner se barricade dans de véritables Fort Chabrol, pendant que la majorité, sans emploi et avec de faibles ressources, survit désormais dans des bidonvilles. Plus de 80 de ces « townships », constitués exclusivement de blancs, sont ainsi sortis de terre depuis 2000.
La belle histoire du jour : Nigel, le fou de Bassan amoureux
Pour hâter le retour d’une colonie de fous de Bassan sur l’île de Mana, des ornithologues néozélandais y ont installé des leurres en béton, certes sans vie, mais émettant les chants les plus mélodieux qu’oreille de volatile jamais n’ouït. Nigel, fou de Bassan de son état, succomba aux charmes d’un de ces mirages bétonnés. Il s’en énamoura tant et tant que lorsque de vraies « folles » de Bassan vinrent s’installer sur l’île, il les ignora superbement, autrement épris des mélopées de sa bien-aimée inanimée. L’idylle platonique dura cinq années. Le 1er février dernier, c’est blotti tout contre l’amour de sa vie d’oiseau que Nigel a été retrouvé mort. Qui a dit que nos frères et sœurs qui volent dans le ciel ne nous précéderaient pas en paradis ?

