Bulletin de réinformation proposé par Louis Marie et Céline Losa, avec la contribution d’Aliénor Lagardère, Pierre de Montgiraud et Benjamin Wirtz.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
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GRANDS TITRES
Marine Le Pen dénonce une « fatwa bancaire »
La Société Générale vient d’annoncer la clôture des comptes du Front national. Dans le même temps, HSBC a décidé de fermer le compte de Marine Le Pen, où elle est pourtant cliente depuis plus de 25 ans.
Les banques nient toute considération politique
Lors de sa conférence de presse du 22 novembre, Marine Le Pen n’a pas manqué d’évoquer un « scandale démocratique », annonçant porter plainte pour discrimination contre la Société Générale et HSBC. Le député Gilbert Collard a quant à lui résumé l’ensemble des commentaires émis par les élus du parti populiste. Selon lui, c’est une « décision qui est purement politique, qui a pour but de gêner le Front national. Il y a une volonté dans ce pays aujourd’hui de ne pas avoir d’opposition réelle ».
Des accusations fermement démenties par la Société Générale et HSBC, qui invoquent des considérations purement formelles et économiques. Dans une discussion rendue publique par Marine Le Pen, HSBC explique ainsi manquer d’informations sur l’origine des fonds sur le compte de l’élue ; lesquels proviendraient exclusivement « de l’Assemblée nationale et des allocations familiales ».
Quelles solutions pour le Front national ?
Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a demandé à connaître l’intégralité des éléments du litige, en particulier ceux censés justifier l’attitude de la Société Générale. La mise en place d’une « banque de la démocratie » évoquée durant l’été par François Bayrou, alors en charge de la moralisation de la vie publique, a pour le moment été repoussée. Compte tenu des « très grandes difficultés » rencontrées par plusieurs candidats pour lever des fonds, y compris par le président du MoDem, Bercy annoncerait cependant prochainement des mesures. En attendant, le Front national aurait trouvé une autre banque.
Le gouvernement tente de réformer l’accès à l’université
La ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal devrait présenter aujourd’hui en conseil des ministres son projet de loi sur l’orientation et la réussite étudiante. Cette réforme est controversée, car elle permettra aux universités d’exiger des pré-requis de la part des étudiants.
L’admission post-bac concerne de plus en plus de monde chaque année
Les lycéens sont toujours plus nombreux à s’inscrire sur la plateforme d’admission post-bac qui permet d’attribuer aux élèves une place dans l’enseignement supérieur. Cette année, on en a recensé 38 000 de plus qu’en 2016 ! La plateforme APB a par ailleurs connu de nombreuses défaillances, et il était temps qu’elle soit améliorée. Elle sera désormais remplacée par Parcoursup, un logiciel qui se veut plus performant.
Mais ce n’est pas seulement une question de problèmes informatiques…
La vraie question qu’aborde le gouvernement, c’est celle de l’entrée à l’université : selon la Conférence des Présidents d’Université, le niveau des bacheliers est de plus en plus insuffisant pour accéder à certaines filières universitaires. Comme en plus le nombre de places dans ces filières ne peut suffire, la règle était de tirer au sort les étudiants. Le gouvernement propose maintenant que les facs puissent répondre par un “oui, mais à condition que” lors de l’admission en post-bac. Ces conditions sont de pouvoir satisfaire à un niveau pré-requis. Dans le même temps, le gouvernement s’engage à créer plusieurs milliers de places supplémentaires dans les filières professionnelles.
Mais pourquoi ne parle-t-on pas de “sélection” ?
Parce que c’est tabou ! Le sujet a de quoi mettre en rogne tous les syndicats étudiants gauchistes. Pourtant, leur colère n’a servi qu’à faire changer les éléments de langage du ministère, mais leur très faible mobilisation jeudi dernier n’a pas de quoi inquiéter le gouvernement. Dont la réforme est, au demeurant, assez timide à l’égard de ce que réclament les universités depuis plusieurs années.
Au Zimbabwe, le président Mugabe démissionne
Après une semaine de tractation et de pressions, et alors que le parlement du Zimbabwe examinait une procédure de destitution à son encontre, Robert Mugabe a annoncé sa démission mardi 21 novembre, avec effet immédiat.
Cette décision fait suite à une semaine de chaos au sein du pays
Depuis la nuit du 14 au 15 novembre, l’armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays, assignant à résidence Robert Mugabe, qui était président du pays depuis 37 ans. Ce bras de fer a ainsi duré une semaine, pendant laquelle des négociations se sont mises en place. D’un côté Robert Mugabe, le président, accusé d’avoir fait reculer les libertés individuelles, favorisé le racisme anti-blanc et ruiné l’économie nationale contre son peuple. De l’autre son vice-président Emmerson Mangagwa, qui souhaite se poser en héros de l’indépendance. La procédure de destitution a ensuite été lancée dimanche dernier par la réunion du haut comité dans lequel le président Mugabe avait refusé de quitter ses fonctions. Finalement il a remis mardi soir sa lettre de démission dans laquelle il expose vouloir « assurer un transfert du pouvoir sans problème, pacifique et non violent ».
Quelles ont été les réactions face à cette démission ?
Cette annonce a donné lieu à une véritable liesse populaire dans le pays. Toutefois l’armée a appelé à la retenue devant la presse.
A l’étranger c’est Theresa May, première ministre britannique, qui s’est exprimée la première à propos de cette ancienne colonie britannique. Selon elle, « la démission de Robert Mugabe offre au Zimbabwe l’opportunité de forger une nouvelle voie libre de l’oppression qui a caractérisé son pouvoir ». La porte parole du département d’Etat américain a appelé à l’organisation d’élections « libres et équitables ». De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine a félicité la décision de l’ancien président, en la qualifiant d’un « acte de courage politique » rappelant son passé de « héros national ».
BRÈVES DE FRANCE
De nouvelles accusations contre Tariq Ramadan
Une deuxième victime présumée de l’intellectuel, handicapée et ne pouvant marcher sans béquille, décrit les méthodes de son agresseur. Convertie à l’Islam, elle décrit un homme à double visage, qui l’aurait invitée dans sa chambre avant de la priver d’un coup de sa béquille, de la violenter et de la violer durant plusieurs heures tout en la couvrant d’injures. Elle aurait ensuite été harcelée par des proches de Tariq Ramadan, lui imposant une véritable omerta. Un schéma proche du récit de la première victime présumée, Henda Ayari, longtemps soumise selon ses propres termes à la « pression psychologique cruelle » exercée par l’idéologue. Désormais quotidiennement insultée sur les réseaux sociaux, la jeune femme vient de porter plainte contre X.
Emmanuel Macron n’a pas convaincu Bruxelles
Le premier exercice budgétaire du gouvernement n’a pas été suffisant pour satisfaire la Commission européenne, qui parle d’un “risque de non-conformité avec les règles budgétaires européennes” selon l’évaluation présentée dans le cadre du semestre européen. Le président de la République s’était pourtant engagé à respecter la trajectoire d’assainissement des finances publiques exigé par la Commission pour ramener la dette française, qui atteint 96,9 % du Produit Intérieur Brut, à la barre des 60 % fixée par les traités. Cette remise en cause de la crédibilité de la France porte un coup dur aux projets de réforme de la zone euro émis par Emmanuel Macron. La France est toujours, comme l’Espagne, sous le coup d’une procédure de déficit excessif qui pourra lui valoir des amendes de la part de Bruxelles. Pour s’en sortir, il faudra que le prochain budget prévoie un déficit largement en-dessous des 3% fixés.
Une église marseillaise occupée par des migrants
L’église Saint Ferréol accueille depuis mardi 21 novembre une quarantaine de jeunes migrants, avec la bénédiction du clergé local. Ces migrants, avec leurs soutiens associatifs, entendent par ce biais défendre la cause des mineurs isolés. Cette situation d’occupation n’a en rien perturbé la dispense des sacrements, puisque la messe est encore célébrée dans l’église. Le recteur de Saint Ferréol, en accord avec l’évêque, estime que “l’Eglise n’est pas indifférente au sort des jeunes et des moins jeunes. Le département des Bouches du Rhône et les autorités doivent se mettre en mouvement et entendre ce cri”.
La langue française serait-elle sexiste ?
Lundi 20 novembre, lors d’une conférence de presse à Bobigny, le Premier ministre a annoncé que les textes officiels resteraient conformes aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme.
C’est ainsi que monsieur Edouard Philippe a voulu clore les polémiques suscitées par la dernière tendance de l’écriture inclusive. Un manuel téléchargeable en ligne, gratuitement, est par exemple proposé pour apprendre à détruire la langue française.
Nombreux sont ceux, dont le ministre de l’Education nationale, à condamner cette idéologie inclusive, démontrant que le sujet de l’égalité femmes / hommes « est en permanence détourné par de fausses polémiques qui épuisent en débats extrêmement vains ».
Néanmoins, le président du groupe parlementaire En Marche avait déjà annoncé soutenir l’écriture inclusive ; et la mairie de Paris continue de l’utiliser.
NOUVELLES DU MONDE
Une vache crucifiée dans une église
La chapelle de Looz, en Belgique, accueille une production soi-disant artistique de Tom Herck intitulée “La vache sacrée”. Les flamands peuvent donc voir dans le coeur de la chapelle une gigantesque croix avec une vache crucifiée dessus. Cette nouvelle injure à la religion chrétienne se tient donc cette fois-ci dans une église qui n’est même pas désaffectée… Les fidèles catholiques ont été invité à manifester pacifiquement devant, en récitant un rosaire de réparation, par le forum catholique dont le directeur a déclaré à propos de l’évêque du lieu : “ »Il n’a rien entrepris contre cette soi-disant œuvre d’art parce qu’il veut éviter le conflit. Il est terrifié par les médias. C’est pourquoi nous sommes venus prier ici, parce que le catholicisme est déshonoré.«
Le métro new-yorkais ne dira plus “mesdames et messieurs”
“Ladies and gentlemen”, c’est de l’histoire ancienne ! Que nos auditeurs férus de francophonie me pardonnent ce détour par la langue de Shakespeare, mais je tenais à rendre un hommage funèbre à cette formule qui va disparaître des transports en commun de la ville de New York. Dans un mémo interne, l’Autorité des Transports métropolitains a en effet demandé à ses agents de bannir cette expression non-inclusive et binaire. Au nom de l’idéologie du genre, il faudra désormais s’adresser aux “passagers” ou à “tout le monde” sans prendre le risque d’offenser les voyageurs qui ne se reconnaîtraient ni dans le masculin, ni dans le féminin. L’opération de modernisation des messages adressés aux voyageurs se chiffre à plus de 800 millions d’euros.
Le chiffre du jour est 354 151…
… c’est le nombre de travailleurs détachés en France en 2016, un chiffre en hausse de 23,8 % par rapport à 2005. Les travailleurs détachés sont des salariés d’entreprises européennes envoyés pour des missions temporaires dans d’autres pays de l’Union. Ils existent depuis la directive européenne adoptée en 1996, et leur nombre est en constante hausse depuis plusieurs années, en France comme ailleurs. Cela permet souvent à des entreprises d’embaucher en France à moindre coût, puisque les cotisations sociales des travailleurs détachés sont payées à leur pays d’origine, qui offre souvent une protection inférieur à la nôtre, comme l’Espagne, le Portugal ou la Pologne. Par ailleurs, la Direction générale du travail a prononcé plus de 400 amendes pour des fraudes ou des situations de travail illégales au regard du droit européen. Le chiffre du jour est donc largement sous-estimé.
LA BONNE NOUVELLE DU JOUR EST MONUMENTALE !
Le Mont Saint Michel a retrouvé son cloître. Après une longue année de travaux, au cours desquels le Mont Saint Michel était resté ouvert au public 362 jours par an, le cloître du XIIIe siècle a achevé d’être restauré. Le jardin médiéval a repris ses droits sur les bétonnières, et les hélicoptères ne survoleront plus le site pour en évacuer les gravats. Les archéologues de l’INRAP, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives, ont mis tout leur talent à préserver l’harmonie originelle du site, en rabaissant le niveau des sols et en rendant aux pierres de la galerie leur fonction première, celles de bancs pour les promeneurs.
Merci de nous avoir écoutés. Nous vous donnons rendez-vous demain à 7h15 pour un nouveau bulletin de réinformation sur Radio Courtoisie. Advienne que pourra !

