Bulletin de réinformation proposé par Henri Dubost et Catherine Noailles avec les contributions de Bahija Alako et François Persurier
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00.
Version texte
Le 20 octobre 1827, il y a donc 190 ans, les flottes française, anglaise et russe anéantissent la flotte ottomane dans la baie de Navarin, à l’ouest du Péloponnèse. Un peu d’histoire : En 1821, les Grecs se soulèvent contre le joug musulman. D’abord victorieuse, l’insurrection grecque doit battre en retraite face aux armées turque et égyptienne. Six ans plus tard, les patriotes grecs ne disposent plus que de cinq places fortes. En 1822, le massacre de Chios, 25 000 morts et 45 000 patriotes vendus comme esclaves sur les marchés de Constantinople, Alexandrie, Smyrne, Alger et Tunis, provoque une immense émotion à travers toute l’Europe. En juillet 1827, par le traité de Londres, alors que les musulmans ravagent le Péloponnèse et massacre sa population, les trois puissances européennes décident enfin de se porter militairement au secours des insurgés. La victoire de Navarin est absolue : alors qu’aucun de ses vaisseaux n’a été détruit ni même endommagé, la flotte européenne envoie par le fond la totalité de la flotte musulmane. Deux ans plus tard, les patriotes grecs boutent définitivement le Turc hors du Péloponnèse et de la Grèce centrale.
Grands titres
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Crise catalane : l’Union européenne choisit Mariano Rajoy
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Chute de Raqqa : vers un califat hors-sol
Crise catalane : l’Union européenne choisit Mariano Rajoy
Hier, Madrid accusait l’exécutif catalan de chercher, je cite, « l’affrontement systématique » avec le pouvoir central
Cette déclaration faisait suite à la lettre envoyée également hier au chef du gouvernement espagnol, M. Mariano Rajoy, par M. Carles Puigdemont, président de la Généralité de Catalogne, et chef des indépendantistes. Je cite : « Si le gouvernement espagnol persiste à empêcher le dialogue et à poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra procéder (…) au vote d’une déclaration formelle d’indépendance », fin de citation. Une menace qui a convaincu M. Rajoy de la nécessité, je cite, de « restaurer au plus vite la légalité et l’ordre constitutionnel ». M. Rajoy a donc convoqué pour demain un conseil des ministres extraordinaire, dans le but d’adopter les mesures de déclenchement de l’article 155 de la Constitution, qui permet de suspendre tout ou partie de l’autonomie de la région.
Après cette annonce, Mariano Rajoy s’est rendu à Bruxelles pour un Conseil européen, où les dirigeants de l’Union lui ont réitéré leur confiance
Chef du Parti Populaire, libéral-conservateur, M. Rajoy bénéficie dans cette crise du soutien total de son opposition socialiste. « Le soutien des institutions européennes est plus fort que jamais », a ainsi assuré hier à la presse, M. Pedro Sanchez, chef du Parti socialiste espagnol. M. Sanchez s’exprimait en présence du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le président français Emmanuel Macron a affirmé de son côté que l’UE enverrait, je cite, un « message d’unité » autour de l’Espagne. Quant à la chancelière Merkel, elle a dit espérer que des solutions puissent être trouvées, je cite, « sur la base de la Constitution espagnole ».
Cette fermeté peut-elle ébranler M. Puigdemont ?
Sans doute. Certes, Carles Puigdemont doit tenir compte de son allié-clé d’extrême gauche, la C.U.P., qui souhaite la naissance immédiate d’une république catalane indépendante, et appelle à de nouvelles manifestations de rue dans les prochains jours. Mais les milieux économiques pressent au contraire M. Puigdemont de négocier avec Madrid. Plus de 900 entreprises catalanes ont déjà transféré leur siège social hors de la région depuis le référendum interdit. Quant au tourisme, très sensible au climat d’insécurité, il est en chute libre.
Chute de Raqqa : vers un califat hors-sol
Alors que la chute de Raqqa précipite la disparition du Califat en tant qu’entité étatique et territoriale, l’armée française nourrit paradoxalement de fortes inquiétudes…
Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, les milices kurdes – avec la passivité, pour le moins, des services américains – ont en effet négocié avec Daesh l’exfiltration de Raqqa de plus de 400 combattants djihadistes, parfaitement aguerris aux techniques de combat, dont plusieurs dizaines de Français et de francophones, notamment tunisiens. Les services de renseignement français espèrent, sans en être trop convaincus, que ces futurs terroristes ne se sont pas dirigés vers la Turquie, d’où ils pourraient ensuite facilement gagner l’Europe-passoire, grâce à d’éventuelles complicités turques. Nul besoin de Raqqa pour concevoir et exécuter des attentats de masse : Sevran, Trappes, Roubaix ou encore Molenbeek sont parfaitement capables d’abriter les cellules terroristes adéquates.
Une hypothèse considérée comme probable dans les rangs de l’armée française
C’est ainsi que, lors d’une présentation des moyens de l’armée de Terre à Versailles-Satory, hier, le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, a déclaré, évoquant les djihadistes revenant de Syrie, je cite : « On étudie avec beaucoup de précision quels sont leurs modes d’action », évoquant, je cite encore, « l’arme chimique » parmi ces « modes d’action ».
Pour le général, je cite, « L’opération militaire Sentinelle vise aussi à étudier des scénarios de crise » liés à ces retours
Sur un effectif maximum de 10 000 hommes, Sentinelle dispose de quelque 3 000 soldats dits « de manœuvre ». Avertissement du général Bosser, je cite : « Dans cette couche (de manœuvre) il y a une volonté de se préparer à des menaces qui pourraient être les nôtres demain, et sur lesquelles, à mon sens, on ne travaille pas assez », fin de citation.
Le général a par ailleurs annoncé le recrutement de quelque 11 000 soldats à l’horizon 2018
Une bonne nouvelle tempérée par le fait que de nombreux témoignages font état de recrutements dans nos banlieues. Dans son livre « Quand la Grande Muette prendra la parole », le général Martinez rapporte les propos suivants du général de Villiers, tenus en septembre 2016 (il était alors chef d’état-major de l’armée de terre), au sujet de notre ennemi lié au terrorisme islamique. Je cite le général de Villiers : « Il a étudié dans nos écoles. Demain, il portera notre uniforme ». Fin de citation.
FRANCE
Quand Sy dérape…
Dans la famille « dérapage nauséabond », je voudrais… Omar Sy ! Lors d’une émission grand public sur France 5, le 10 octobre dernier, la présentatrice soumet à Eric Zemmour une interview d’Omar Sy datant de plus de deux ans, dans laquelle ce dernier traite l’essayiste, sans le nommer, de « Guignol ». Réponse de Zemmour : « C’est toujours flatteur d’être traité de guignol par un guignol », allusion au métier de saltimbanque de Sy. Fureur de ce dernier, qui attaque la présentatrice : « Ou elle est de sa famille, ou elle teubée. ». « Teubée », c’est le verlan de « bête ». Mais qu’a donc voulu dire Omar Sy par ce « elle est de la « famille » de Zemmour » ? Tous les journalistes, sans exception, ont fait semblant de ne pas comprendre… Moralité : touche pas à mon Sy !
« Errance stratégique » à Libération
Johan Hufnagel, le directeur chargé des éditions de Libération, véritable cheville ouvrière du fonctionnement du quotidien, a annoncé mercredi son départ du tabloïde de la bobocratie parisienne. C’est en vain qu’Altice, la maison mère de Libération et de L’Express, par ailleurs propriété de l’oligarque franco-israélien Patrick Drahi, a tenté de le retenir. Hufnagel rejoint le projet « Looper » lancé entre autres par le banquier d’affaires franco-libanais Bernard Mourad. Mourad dont on rappellera qu’en octobre 2016, il rejoignait l’équipe de campagne du candidat Macron. Le monde est petit. Les journalistes de Libération ont rencontré mercredi matin Alain Weill, le patron des médias du groupe Altice. Ils lui ont fait part de leur inquiétude face, je cite, à « l’errance stratégique » que connaitrait selon eux le journal. La direction éditoriale de Libération sera toujours assurée par Laurent Mouchard, dit Joffrin, entouré entre autres de Christophe Israël et d’Alexandra Schwarzbrod.
Sarkozy-Kadhafi : pour qui sonne le glas ?
Sarkozy a-t-il fait financer sa campagne présidentielle de 2007 par Kadhafi ? On le susurrait depuis de nombreuses années, et deux journalistes de Médiapart, Fabrice Arfi et Carl Laske, l’affirment dans un livre de 400 pages, « Avec les compliments du Guide », qui vient de paraître chez Fayard, aboutissement de six années d’enquête. Brice Hortefeux, Claude Guéant, et plus curieusement Dominique de Villepin, font également partie de la charrette. Mais, plus curieusement encore, pas BHL, gentiment épargné par les auteurs. Le principal témoin à charge de cette enquête n’est autre que l’insubmersible Ziad Takieddine. Pour les journalistes, il ne fait aucun doute que c’est Sarkozy en personne qui aurait décidé l’élimination physique de Kadhafi, dans cette expédition libyenne où la France était en effet en pointe. Arfi et Laske dénoncent également les incroyables pressions qu’aurait subi selon eux les journalistes, mettant en évidence les liens entre les patrons des grands groupes de presse et le pouvoir politique. Nos deux auteurs ont manifestement lu « La tyrannie médiatique » de Jean-Yves Le Gallou…
#BalanceTonPorc : les silences de Clémentine
Depuis la révélation du scandale Weinstein, le #BalanceTonPorc invite les femmes qui ont subi un harcèlement sexuel, voire un viol, à dénoncer leur « porc ». Clémentine Autain est naturellement de la fête. N’a-t-elle pas raconté dans sa biographie le viol qu’elle a subi à l’âge de 23 ans sous la menace d’une arme blanche aux abords de l’université Paris VIII ? Un viol qui a marqué le début de son engagement féministe et politique. Mais voilà, impossible de faire « balancer son porc » à Clémentine ! Son violeur serait-il une chance pour la France ? On se perd en conjectures…
Monde
Europe : en moins de 30 ans, les populations d’insectes volants ont chuté de près de 80 %
C’est ce que révèle une étude publiée dans la revue scientifique PLOS ONE. Les chercheurs ont analysé les données de captures d’insectes en Allemagne depuis 1989. Pour Bernard Vaissière, ingénieur agronome, je cite, « L’ampleur du phénomène est surprenante. On constate qu’il concerne l’ensemble des insectes, y compris dans les zones protégées. Les insectes sont victimes des pesticides et d’un manque de nourriture. Dans nos campagnes, il n’y a plus beaucoup de zones fleuries. Beaucoup d’animaux se nourrissent d’insectes. C’est directement la chaîne alimentaire humaine qui pourrait être impactée. Si on ne stoppe pas ce déclin, on va à la catastrophe », fin de citation.
Le Québec vote l’interdiction du voile intégral dans les services publics
L’Assemblée nationale du Québec a voté mercredi une loi interdisant d’avoir le visage couvert pour demander ou recevoir des services publics. Le voile intégral est donc désormais interdit dans les transports, à l’école, à l’hôpital ou encore dans les administrations. Cette loi, je cite, sur « la neutralité religieuse de l’Etat québécois » faisait partie des promesses de campagne du Premier ministre, le libéral Philippe Couillard. De leur côté, les dirigeants du Parti Québécois (indépendantistes), moins couillus que Couillard, ont déploré que l’adoption de cette loi se fasse, je cite « au détriment du vivre-ensemble québécois ».
La bonne nouvelle du jour
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