Bulletin de réinformation proposé par Louis Marie, Iseult Flamain et Céline Losa, avec la participation d’Aliénor Lagardère et de Benjamin de Biollay.
Rediffusions à l’antenne à 11h45 et 21h00
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(Extraits)
Grands sujets
Le gouvernement tempère ses bonnes résolutions budgétaires
Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a présenté hier matin au conseil des ministres le projet de loi de finances pour l’exercice 2018. Le gouvernement est attendu au tournant pour ce premier budget du quinquennat, qui doit permettre à la France de faire de sérieuses économies d’argent public tout en augmentant l’investissement de l’Etat dans l’économie, d’après les promesses de campagne de l’actuel président.
Est ce que ce budget marque une véritable rupture avec les exercices précédents ?
Il semblerait que oui, car le gouvernement promet un certain nombre de réductions de dépenses, devant conduire à des baisses d’impôts. Ces économies se font d’abord dans l’abandon de certaines politiques du précédent quinquennat, comme les emplois jeunes ou encore la politique du logement. Certains grands projets sur les infrastructures de transport vont aussi être abandonnés. Ce qui permet au gouvernement de tenir parole sur la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, qui était une promesse de l’ex candidat.
Peut on dire cependant que le gouvernement tient toutes ses promesses ?
Pas réellement, car le projet de loi de finances fait tout de même progresser la dépense publique de 5 à 10 milliards d’euros, alors qu’elle ne devait pas augmenter d’un centime. Par ailleurs, certaines baisses d’impôts seront également moins prononcées que prévu, et des prélèvements obligatoires sont même renforcés : en effet, en plus de la hausse annoncée de la CSG, le gouvernement entend également augmenter la taxation écologique ou portant sur le tabac.
Est ce que la sincérité budgétaire du gouvernement est totale ?
Il est permis d’en douter, car Bercy utilise plusieurs artifices pour dissimuler ses difficultés à réduire la dépense publique. Pour faire simple, on raisonne déjà en baisse tendancielle, et non en baisse tout court, c’est à dire que le gouvernement tient compte d’une tendance générale à la hausse des dépenses publiques, causée naturellement par l’augmentation et le vieillissement de la population. Mais comme cette tendance est calculée par Bercy, elle permet facilement de rendre le budget de moins en moins lisible pour les citoyens.
Macron assume sa fuite en avant européiste
Le président Macron a prononcé mardi un long discours devant des étudiants réunis à la Sorbonne, où il dévoile ses ambitions pour l’Union européenne. Une manière pour le président d’affirmer son rôle de chef de file européen, dans une période où l’avenir de l’Union semble de plus en plus incertain.
Quel type d’européiste est le président de la République ?
Macron veut concilier en même temps puissance européenne et souveraineté nationale. Selon lui, les Etats membres n’ont plus le choix. Confrontés au désengagement américain supposé de l’ère Trump, à l’affirmation de la Chine, mais aussi à la croissance exponentielle des flux migratoires et à la montée en puissance des géants du numérique, la France et les États européens seraient contraints de renforcer leurs liens. En cela, le président va donc plus loin qu’aucun de ses prédécesseurs n’a déjà été en matière de fédéralisme.
Au delà de la communication jupitérienne, y a t il de vraies propositions ?
Oui, le président veut faire des propositions concrètes. Il parle ainsi de constituer, en 2024 des « listes transnationales » pour l’élection des députés européens. Le président souhaite aussi une plus grande harmonisation fiscale, en particulier sur l’impôt sur les sociétés, d’ici à 2020. Il parle encore de renforcer les échanges universitaires « Erasmus », ou bien redonner un nouveau souffle à la défense européenne.
Mais en pratique de quels pouvoirs dispose réellement le président ?
Au delà des déclarations imposantes, Emmanuel Macron sera obligé de faire des compromis. Il lui faut déjà ménager ses partenaires, à commencer par l’Allemagne. Alors que le parti eurosceptique Afd vient d’accomplir une percée face à Angela Merkel, il n’est pas question par exemple de mutualiser les dettes en Europe. Il sera difficile aussi de faire accepter la création d’un véritable budget de la zone euro. Du Fonds européen de la Défense à l’Office européen de l’asile, en passant par un programme commun d’intelligence artificielle, la France est redevenue force de proposition en Europe. Mais les peuples, eux, ne semblent pas encore au rendez vous.
Ni sanctions ni exemptions pour les parents réfractaires aux 11 futurs vaccins
Mardi 26 septembre, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dévoilé, deux jours avant la présentation officielle du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, sur BFM TV, les derniers arbitrages concernant les modalités de l’extension de l’obligation vaccinale.
Quels changements depuis la fronde anti vaccins qui s’est manifestée ?
Il n’y aura finalement pas de sanctions pour les parents hostiles aux onze vaccins qui deviendront obligatoires à partir du 1er janvier 2018. Mais parallèlement, il n’y aura pas de « clause d’exemption ». C’est à dire que s’ils ne font pas faire ces vaccins, ils devront simplement élever leurs enfants sans compter ni sur la garderie, ni sur la crèche, ni sur l’école… Cette disposition, qui supposait la signature d’un document évoquant les risques de la non vaccination à l’issue d’un entretien avec un professionnel de santé, avait été préconisée en novembre 2016 par le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination présidé par le professeur Alain Fischer. Selon lui, il existait « un doute important sur l’acceptabilité d’une mesure qui consisterait à étendre le statut obligatoire à de nouveaux vaccins sans aucune possibilité de s’y soustraire ».
Finalement, quelles vont être les conséquences de cette loi ?
Les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 devront respecter le nouveau calendrier vaccinal prévoyant des injections obligatoires contre onze maladies. En plus de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite (DTP), déjà obligatoires, ils devront également être immunisés contre la coqueluche, le virus de l’hépatite B, la bactérie responsable de méningites, le pneumocoque, le méningocoque C et les virus de la rougeole, des oreillons, de la rubéole.
Brèves françaises
Carrefour vole au secours des semences paysannes
Une quarantaine de magasins Carrefour d’Île de France et de Bretagne proposent depuis quelques jours des légumes issus de semences paysannes. L’enseigne s’est engagée à commercialiser ces produits tout au long des saisons pour une période de 5 ans. Actuellement, ces vieilles variétés cultivées à la ferme ne pouvaient pas être commercialisées, car elles ne sont pas inscrites au catalogue officiel des semences autorisées. Elles n’étaient donc pas soumises à la taxe qui finance la recherche agronomique. Le slogan de cette campagne qui mise sur l’amour du terroir est « Le marché interdit ». Des affiches sur fond noir mettent désormais en avant les vertus de l’oignon rose d’Armorique ou encore du potimarron angélique.
Michel Lussault démissionne et va cesser de tirer l’Education nationale vers le bas
Le directeur du Conseil supérieur des programmes nommé, en 2014 par Najat Vallaud Belkacem, n’aura pas survécu à la rentrée de Jean Michel Blanquer. Michel Lussault avait été le principal artisan de la refonte des programmes scolaires, en 2015, et avait fait parler de lui pour sa défense acharnée du fameux « prédicat », un nouveau concept grammatical censé simplifier la langue. Il s’opposait depuis quelques mois au changement de cap opéré par le ministre. Jean Michel Blanquer s’est en effet passé des services du Conseil pour établir ses propres projets de réforme. Michel Lussault continuera cependant à exercer une influence sur la formation des professeurs. A l’exemple de son dictionnaire de géographie, son œuvre s’est en effet imposée comme un passage obligé de la formation de tous les étudiants préparant les concours de l’enseignement depuis le début des années 2000. Il demeure d’ailleurs à la tête de l’Institut français de l’éducation intégré à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon.
Des scientifiques redonnent conscience à un patient
Des scientifiques ont affirmé lundi dans une revue spécialisée qu’un patient en état végétatif depuis 15 ans a retrouvé « un état de conscience minimale ». Une électrode implantée dans son cou et reliée à un générateur d’impulsions électriques a permis de stimuler ses nerfs crâniens. Sans retrouver un état de conscience intégrale, l’homme pourrait désormais se montrer attentif à une conversation ou à la lecture d’un livre. Si ce cas est actuellement unique, les chercheurs annoncent vouloir étendre cette technique à d’autres patients. Comme l’explique Angela Sirigu, chercheur à l’Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod de Lyon : « Il est possible d’améliorer la présence d’un patient dans le monde qui l’entoure ». « La réparation du cerveau reste possible même lorsque l’espoir semble avoir disparu ». Ces perspectives médicales nouvelles s’inscrivent dans l’essor des recherches sur les interfaces entre l’homme et la machine, et la stimulation du cerveau par des implants.
Brèves internationales
Les Saoudiennes au volant
Un décret royal vient autoriser les femmes d’Arabie saoudite à conduire. Il s’agissait du seul état au monde à priver les femmes de ce droit. Cette avancée pour la considération des femmes dans le pays présente aussi un intérêt économique majeur : en effet, les Saoudiennes devaient faire appel à des chauffeurs étrangers, ce qui coûtait des milliards de dollars à l’économie saoudienne… Cette réforme constituait donc pour le prince Al Walid ben Tatal, je cite : « Une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie ». Fin de citation.
Une exposition à Bruxelles sur les racines musulmanes de l’Europe
Le musée de l’Europe propose depuis le 15 septembre à Bruxelles une exposition intitulée, « L’islam, c’est aussi notre histoire ». Celle ci devait originellement avoir lieu en France, mais a finalement été repoussée en raison du risque d’attentats. Le but recherché, selon la brochure de l’exposition, est, je cite : « D’expliquer aux Européens que l’islam fait partie de la civilisation européenne, qu’elle n’est pas une importation récente mais qu’elle a des origines qui remontent à treize siècles ». Fin de citation. On peut ainsi y voir des burqas aux couleurs des drapeaux européens, ou une bombe déposée dans un sac Vuitton.
Des doutes sur la réalité du tir de missile iranien qui inquiète Israël et les Etats Unis
Fox News a affirmé son scepticisme face au supposé lancement de missiles balistiques par l’Iran. Un tir qui serait capable d’atteindre le territoire israélien, selon Téhéran. La vidéo qui montre le tir daterait en réalité d’une tentative de lancement qui a eu lieu il y a huit mois et aurait, d’ailleurs échoué. Cette information aurait été confirmée par les sources sécuritaires lors du quotidien israélien. Ce tir a été dénoncé conjointement par Donald Trump et Benyamin Netanyahou, qui reprochent à l’Iran de violer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien.
Le chiffre du jour est + 0,6 %…
Au mois d’août, 22 300 demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité, c’est à dire des chômeurs de catégorie A, ont été enregistrés par Pôle Emploi. Ce qui représente une hausse de 0,6 % dans la catégorie de référence pour mesurer le taux de chômage en France. Même si l’activité économique semble repartie à la hausse, le nombre de créations de postes semble encore insuffisant aujourd’hui pour absorber tous les entrants sur le marché du travail.
La bonne nouvelle du jour est cinématographique
Le film La Rébellion cachée, paru au printemps 2017, connaît un succès grandissant. Ce film documentaire sur l’insurrection vendéenne réalisé par Danielle Rabourdin sera projeté vendredi soir à 20 h à Neuf Brisach, en Alsace.

