Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Icônes russes – Andreï Roublev de Tarkovski et les Vêpres de Rachmaninov (1/3) »
Les apôtres avaient vu de leurs yeux charnels Dieu devenu homme, le Christ ; ils avaient vu sa Passion, ses miracles et entendu ses paroles. Or nous aussi qui suivons les traces des apôtres, nous désirons ardemment voir et entendre. Les apôtres voyaient le Christ face à face, parce qu’il était corporellement présent. Mais nous qui ne le voyons pas directement, ni n’entendons ses paroles, nous écoutons quand même ses paroles par l’intermédiaires de livres et sanctifions ainsi par là notre ouïe et par là notre âme. De même, par l’intermédiaire de Son image, nous contemplons l’aspect physique du Christ, ses miracles, sa Passion. Cette contemplation sanctifie notre vue et par là, notre âme. Nous nous considérons heureux et nous vénérons cette image en nous élevant dans la mesure du possible, à travers cet aspect physique, à la contemplation de la gloire divine.
(Jean Damascène, Troisième Discours sur les images, 8ème siècle)
La fonction de l’art n’est pas, comme le croient même certains artistes, d’imposer des idées ou de servir d’exemple. Elle est de préparer l’homme à sa mort, de labourer et d’irriguer son âme, et de la rendre capable de se retourner vers le bien. Mis en présence d’un chef-d’œuvre, un homme commence à entendre la voix même qui a amené l’artiste à le créer.
(Andreï Tarkovski, Le temps scellé. De L’enfance d’Ivan au Sacrifice, Éditions de l’Étoile, 1989)
Références :
Lien vers le Musée du Louvre, Département des peintures, Aile Denon, (clic sur) salle 734
Lien vers le Petit Palais, collection d’Icônes et des Arts chrétiens d’Orient
Lien vers la vidéo YouTube Andreï Tarkovski, Andreï Roublev, Première partie
- ZIADÉ, RAPHAËLLE(Auteur)









