Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Dürer et Callot, maîtres graveurs. Musique de Heinrich Isaac et Monteverdi (1/2) »
« Vous voulez, ajoute Démocède, voir mes estampes. Et bientôt il les étale et vous les montre ; vous en rencontrez une qui, ni noire ni nette, ni dessinée et d’ailleurs moins propre à être gardée dans un cabinet qu’à tapisser un jour de fête le Petit Pont ou la rue Neuve ; il convient qu’elle est mal gravée, plus mal dessinée, mais il assure qu’elle est d’un Italien qui a travaillé peu, qu’elle n’a presque pas été tirée, que c’est la seule qui soit en France de ce dessin, qu’il l’a achetée très cher et qu’il ne la changerait pas pour ce qu’il a de meilleur. J’ai, continue-t-il, une sensible affliction et qui m’obligera à renoncer aux estampes pour le reste de mes jours : j’ai tout Callot, hormis une seule, qui n’est pas à la vérité de ses bons ouvrages, au contraire, c’est une des moindres, mais qui m’achèverait Callot ; je travaille depuis vingt ans à recouvrer cette estampe et je désespère enfin d’y réussir : cela est bien rude ! »
(La Bruyère, Les Caractères, De la mode, 1688)
Dieu parfois donne en abondance à un artiste la faculté d’apprendre et l’entendement pour faire quelque chose de bien, de telle sorte qu’on n’en retrouverait
pas de semblable à son époque, ni peut être durant longtemps avant lui, et qu’après lui un autre ne viendra pas de sitôt.(Dürer, Traité des proportions, 1528, cité in Jouffroy Jean-Pierre, « Albrecht Dürer : Charnière », Nouvelles FondationS, 2006/2)
Références :
Note : Les tirages des estampes ci-dessous ne sont pas ceux de la collection Dutuit.










