Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Louis Janmot, peintre-poète et le Requiem de Fauré (1/2) »
De l’Ange gardien la mission commence.
Dieu lui donne, il emporte en ses bras, endormi
Celui dont il sera le conseil et l’ami ;
Dans l’espace il s’élance.
{…}
L’ange poursuit encore, et la sombre atmosphère
S’emplit d’un bruit croissant de plaintives clameurs.
C’est le globe maudit, c’est le séjour des pleurs.
L’ange a touché terre.(Louis Janmot, Le Poème de l’âme, Chant II, 1881)
{…} il faut reconnaître qu’au point de vue de l’art, il y avait dans la composition de ces scènes, et même dans la couleur amère dont elles étaient revêtues, un charme infini et difficile à décrire, quelque chose des douceurs de la solitude, de la sacristie, de l’église et du cloître ; une mysticité inconsciente et enfantine.
(Charles Baudelaire, « L’art philosophique », dans Baudelaire, La Pléiade, vol. 2, p. 604)
Mon Requiem … on a dit qu’il n’exprimait pas l’effroi de la mort, quelqu’un l’a appelé une berceuse de la mort. Mais c’est ainsi que je sens la mort : comme une délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux {…} Peut-être ai-je aussi, d’instinct, cherché à sortir du convenu, voilà si longtemps que j’accompagne à l’orgue des services d’enterrement ! J’en ai pardessus la tête. J’ai voulu faire autre chose.
(Gabriel Fauré, entretien avec Louis Aguettant le 12 juillet 1902, publié dans Comœdia, 1954)
Références :
Lien vers l’exposition : Louis Janmot. Le Poème de l’âme au musée d’Orsay, jusqu’au 7 janvier 2024










