Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Naples à Paris. Michel-Ange et Giovanni Pierluigi da Palestrina (2/6) »
Il n’y a plus rien de simple. Rien n’est clair, sauf le sentiment d’une irréductible complexité, plus précieuse finalement que l’ordre, l’équilibre et la raison auxquels, bien sûr, on ne cesse et on ne cessera jamais d’aspirer, avec des arguments de plus en plus forts {…}
(André Chastel, La Crise de la Renaissance, Paris, 1969)
Même la grande œuvre de Michel-Ange, la voûte de la chapelle Sixtine, faite entre 1508 et 1511, est un répertoire d’art « di maniera ». {…} je n’aime pas le mot crise, qui suppose que quelque chose fonctionnait auparavant qui entre ensuite en crise. Cela me paraît impliquer une norme de perfection, dont le maniérisme serait la crise. Or, le maniérisme est une forme d’apothéose de la Renaissance, c’est en tout cas, entre 1503 et 1580, la pratique européenne de l’art dans l’Histoire.
(Daniel Arasse, Histoires de peintures, 2006, Gallimard, Folio Essais)
En ce Vendredi saint, le pape descendit écouter les rites sacrés. Il trouva que ceux-ci n’étaient pas récités par les chanteurs avec la solennité convenable, que les voix et les artifices musicaux exprimaient une trop grande jubilation, parfaitement déplacée, ce jour où, pour célébrer la Passion du Christ, il aurait été plus convenable de choisir des chants de désolation propres au pardon des péchés {…} Le pape fit venir à lui les chanteurs et leur enjoignit de réciter les mystères de la Passion et de la mort du Christ en faisant en sorte que la conduite des voix permette de percevoir clairement le sens des paroles proférées.
(D’après Angello Massarelli, secrétaire du pape Marcel II, 1555, cité par Lino BIANCHI, Palestrina, Paris, Fayard, 1994)
Références :

Michel-Ange (?), Tête d’homme, vers 1504, pierre noire, Louvre

Michel-Ange, Groupe de soldats, v. 1550, pierre noire, fusain, rehauts blancs,
Capodimonte

Artiste florentin, d’après Michel-Ange, v. 1550, L’Amour embrassant Vénus, Louvre

Pontormo, d’après un dessin de Michel-Ange, Vénus et l’Amour, 1533, huile, Galleria dell’Accademia, Florence (œuvre non présente)
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