Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Sarah Bernhardt, Phèdre de Racine et Reynaldo Hahn (2/3) »
{Sarah Bernhardt} Sa voix semblait flotter autour d’elle et ses yeux semblaient la suivre parfois. Selon le texte, elle chantait, elle martelait, elle précipitait la cadence comme un galop qui roulait, montait, frappait, s’arrêtait dans un silence que crevait soudain un sanglot répété. Puis, une sorte de mélopée volontairement monotone qui se terminait dans un émoi d’une candeur infinie ou un éclat de rage, de révolte ou de souffrance, qu’elle ne lâchait plus jusqu’au bout de la période. Jamais de raté dans ce crépitement de mots, de cris, de pleurs : une fusée.
(Louis Jouvet, Le Comédien désincarné, Paris, Flammarion, 2009, notes de 1941)
Reynaldo Hahn {…} la tête légèrement renversée en arrière, la bouche mélancolique, un peu dédaigneuse, laissant s’échapper le flot rythmé de la voix la plus belle, la plus triste et la plus chaude qui ne fut jamais, cet « instrument de musique de génie » qui s’appelle Reynaldo Hahn étreint tous les cœurs, mouille tous les yeux, dans le frisson d’admiration qu’il propage au loin et qui nous fait trembler, nous courbe tous l’un après l’autre, dans une silencieuse et solennelle ondulation des blés sous le vent.
(Marcel Proust, La cour aux lilas et l’atelier aux roses : le salon de Madame Madeleine Lemaire, mai 1903)
Références :

Sarah Bernhardt, Autoportrait en chimère, v. 1880, bronze, Etampes

Sarah Bernhardt, Une Algue, 1900, bronze, coll. part.
- Sardou, Victorien(Auteur)
- COLLECTIF(Auteur)
- Collectif(Auteur)







