Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Trois morts de Tolstoï et le sculpteur Ossip Zadkine (3/4) »
J’ai taillé ce Christ avec une joie intense et intime, aussi concentrée que silencieuse {…} Étais-je encore capable de faire quelque chose, de faire avec mon cœur, ma tête et mes dix doigts ? Chaque jour, le travail qui avançait lentement était la lente confirmation qu’il y avait ce quelque chose en moi qui, mû par la ferveur, faisait de moi l’artisan anonyme, l’artisan qui, marteau et ciseau déposés, pouvait s’asseoir et contempler le travail avec un sourire silencieux.
(Ossip Zadkine, Le Maillet et le ciseau, Paris Musées, 2022, p.143)
Mon cœur souffrait d’un douloureux sentiment, que je ne puis appeler autrement que la recherche de Dieu {…} Le cœur plein de désespoir de ce qu’il n’y eût pas de Dieu, je me disais : « Seigneur, aide-moi, sauve-moi ! ». Mais personne ne venait à mon secours et je sentais que ma vie s’arrêtait.
(Léon Tolstoï, Ma Confession, 1882, Gingko éditeur, p.84, 85)
{…} je crois qu’Isaïe le voyait en cet état, lorsqu’il dit en esprit de prophétie : Véritablement tu es un Dieu caché. C’est là le dernier secret où il peut être. {…} Toutes choses couvrent quelque mystère ; toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu.
(Pascal, Les Pensées, vers 1656)
Références :
Lien vers l’exposition Ossip Zadkine. Une vie d’ateliers au Musée Zadkine, jusqu’au 2 avril 2023

Etude pour La Prisonnière, 1943, bronze, musée Zadkine

La Ville détruite, maquette, 1947, bronze, musée Zadkine

Etude pour La Forêt humaine, 1948, bronze, musée Zadkine

La Forêt humaine, v. 1957-1958, bronze, fonte Susse, musée Zadkine

Orphée, 1956, bronze patiné, musée Zadkine
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