Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « L’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill. Allemagne. Années 20. August Sander. 1/2 »
Le spectateur du théâtre dramatique dit : Oui, cela, je l’ai éprouvé, moi aussi. – C’est ainsi que je suis. – C’est chose bien naturelle. – Il en sera toujours ainsi. – La douleur
de cet être me bouleverse parce qu’il n’y a pas d’issue pour lui. – C’est là du grand art : tout se comprend tout seul. – Je pleure avec celui qui pleure, je ris avec celui qui rit.
Le spectateur du théâtre épique dit : Je n’aurais jamais imaginé une chose pareille. – On n’a pas le droit d’agir ainsi. – Voilà qui est insolite, c’est à n’en pas croire ses
yeux. – Il faut que cela cesse. – La douleur de cet être me bouleverse parce qu’il y aurait tout de même une issue pour lui. – C’est là du grand art : rien ne se comprend
tout seul. – Je ris de celui qui pleure, je pleure sur celui qui rit.(Bertolt BRECHT, Théâtre récréatif ou théâtre didactique ? 1936, in Écrits sur le théâtre, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2000)
On a là une sorte d’histoire de la civilisation ou, mieux, de sociologie des trente dernières années. Comment faire de la sociologie sans écrire mais en montrant des images, des photos de visages, voilà ce à quoi parvient le regard de ce photographe.
(Alfred Döblin, introduction à August Sander. Visage d’une époque, 1929)
Références :

Raoul Hausmann, Tête mécanique, 1921, Centre Pompidou

George Grosz, Portrait de l’écrivain Max Herrmann-Neiße, 1925, Mannheim

Georg Scholz, Guérite du garde-barrière, 1925, Düsseldorf

Franz Wilhelm Seiwert, Peinture murale pour un photographe, 1925, Chicago

Gerd Arntz, Douze maisons de notre temps, 1927, gravure, coll. part.

August Sander, Manœuvre, 1928, épreuve gélatino-argentique, Centre Pompidou

August Sander, Paysanne, 1914, New York, MoMA

Otto Dix, À la beauté {Autoportrait}, 1922, Wuppertal

