Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : »Les fantômes d’Orsay de Sophie Calle et Le Palais hanté d’Edgar Allan Poe »
Par une étrange et troublante coïncidence, la chambre 501 s’est littéralement volatilisée depuis lors. Il n’y a pas de hasard.
(Jean-Paul Demoule, L’ascenseur occupe la 501, Sophie Calle et Jean-Paul Demoule, 2022, Actes Sud)
Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. {…} J’en vins presque à croire » : voilà la formule qui résume l’esprit du fantastique. La foi absolue comme l’incrédulité totale nous mèneraient hors du fantastique ; c’est l’hésitation qui lui donne vie.
(Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique, 1970)
Mais des êtres de malheur aux robes chagrines assaillirent la haute condition du monarque (ah ! notre deuil : car jamais lendemain ne fera luire d’aube sur ce désolé !) et, tout autour de sa maison, la gloire qui l’empourprait et fleurissait n’est qu’une histoire obscurément rappelée des vieux temps ensevelis.
Et, les voyageurs, maintenant, dans la vallée, voient par les rougeâtres fenêtres de vastes formes qui s’agitent fantastiquement sur une mélodie discordante, tandis qu’à travers la porte, pâle, une hideuse foule se rue à tout jamais, qui rit — mais ne sourit plus.
(Edgar Allan Poe, Le Palais hanté, 1839, traduction Stéphane Mallarmé)
Références :

Chambre 501, plaque métallique en métail émaillé, v. 1970, coll. part.

S. Calle, Chambre désaffectée Hôtel d’Orsay, 1979-2022, photographie, coll. part.

S. Calle, Chat mort Hôtel d’Orsay, 1979-2022, photographie, coll. part.

S. Calle, Messages à Oddo, 1979-2022, photographie, coll. part.

S. Calle, Ciseaux, 1979-2022, coll. part.

Grattoir préhistorique, Muséum de Toulouse

Edgar Allan Poe, Boston, 1909 – Baltimore, 1849

