Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « En attendant Godot de Beckett, Erwartung de Schönberg et le peintre Georg Baselitz (3/4) »
Sommeil et Mort, les sinistres aigles
Des nuits qui cognent contre ma tête:
de l’homme l’image d’or
la vague glacée le noie
dans l’éternité. Sur d’horribles rochers
se brise le pourpre du corps
et la sombre voix se lamente
au-dessus de la mer.
Sœur au cœur envahi de tempêtes, vois sombrer la barque des peurs
sous les étoiles
le visage silencieux de la nuit(Georg Trakl {1887-1914}, Poèmes, Plainte)
J’aspire à : une libération complète, de toutes les formes, de tous les symboles, de la cohérence et de la logique {…} Il est impossible pour une personne de n’avoir qu’une émotion à la fois. On en a des milliers en même temps. Et cette diversité, cette multiplicité, cet illogisme que montrent nos sens, cet illogisme dont font preuve les associations, que le moindre afflux de sang, la moindre réaction nerveuse ou celles des sens présentent, c’est cela que j’aimerais avoir dans ma musique.
(Lettre de Schönberg à Busoni, 1909, Correspondances, Textes, Editions Contrechamps)
folie que de voir quoi —
entrevoir —
croire entrevoir —
vouloir croire entrevoir —
loin là-bas à peine quoi —
folie que d’y vouloir croire entrevoir quoi —
quoi —
comment dire —
comment dire(Samuel Beckett, Comment dire, fin du poème en date du 29 octobre 1988)
Références :
Lien vers l’exposition Baselitz – La rétrospective, au Centre Pompidou, jusqu’au 7 mars 2022

Buveur penché, 1982, coll. part.

S’éloigner de la fenêtre, 1982, coll. part.

Munch, Autoportrait, Le Vagabond de nuit, 1924, Oslo, Munch Museum

Baselitz, Dernier autoportrait, 1982, San Francisco, SFMOMA

Baselitz, Rouquin, 1982, coll. part.

Munch, Le Cri, 1893, tempera et pastel, Oslo, Galerie nationale

Tableau-sur-l’autre, 1991, Centre Pompidou

Femme de Dresde, 1990, bois de frêne et tempera, coll. part.

