Marie-Christine Lasnier consacre son émission au thème : « Soutine (1893-1943) – De Kooning (1904-1997) : la chair de la peinture »
{…} J’ai toujours été fou de Soutine – de toutes ses peintures. C’est peut-être la
luxuriance de la peinture. Il construit une surface qui ressemble à une étoffe, une
matière. Il y a une sorte de transfiguration, un certain empâtement des chairs
(fleshiness) dans son œuvre.
(Willem de Kooning, 1977, De Kooning cité dans Staats et Matthiessen, The
Genetics of Art… », trad. Bounay, art. cité dans catalogue exposition Orangerie)Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et les emmène à l’écart sur
une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux ; son visage resplendit comme
le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.
(Évangile selon saint Matthieu XVII, 1-2)En s’approchant, ils aperçurent dans le coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait
de ce chaos de couleurs, de tons, de nuances indécises, espèce de brouillard sans
forme, mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration
devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive
destruction. {…} Il y a une femme là-dessous, s’écria Pourbus.
(Georges Didi-Huberman, La peinture incarnée suivi de Le Chef-d’œuvre inconnu
par Honoré de Balzac, Éditions de Minuit, 2008, p.154)
Références :

Jean Fouquet, Portrait de Charles VII, roi de France, 1450-1455, Louvre

Soutine, Le Groom {Le chasseur}, 1925, Centre Pompidou

Soutine, Le Groom (détail), 1925, Centre Pompidou

Soutine, La Colline de Céret, 1921, Los Angeles, County Museum of Art

De Kooning, Woman II, 1952, New York, MoMA

Soutine, Le Bœuf écorché, 1925, Musée de Grenoble

De Kooning, Woman, Sag Harbor, 1964, Washington, Hirshhorn Museum

De Kooning, Amityville, 1971, coll. part.

De Kooning, North Atlantic Light, 1977, Amsterdam, Stedelijk Museum

